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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

La fidélité, une grâce et un devoir - Homélie 6° dimanche de Pâques C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
"Ayez surtout un grand respect pour l'institution du Sacrement du Mariage." (Benoît XVI)

"Ayez surtout un grand respect pour l'institution du Sacrement du Mariage." (Benoît XVI)

 

    Durant le temps pascal beaucoup de jeunes font leur profession de foi. Ils prennent publiquement l'engagement d'être fidèles tout au long de leur vie à la foi de leur baptême dans une charité vécue chaque jour et dans l'espérance de la vie éternelle.

    Dans l'évangile Jésus dit: "Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole". Il y a déjà plusieurs années, Benoît XVI méditait avec des dizaines de miliers de jeunes l'évangile du jeune homme riche qui avait posé une question à Jésus: "Que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle?" Jésus lui répond: "Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements" (Mt 19, 17). Benoît XVI commente:
 
Il part de la connaissance que le jeune homme a déjà certainement reçu de sa famille et de la synagogue : en effet, il connaît les commandements. Ils conduisent à la vie, ce qui veut dire qu'ils nous garantissent l'authenticité. Ce sont les grands indicateurs qui nous montrent la juste voie. Celui qui observe les commandements est sur le chemin de Dieu.

    L'éducation que les enfants reçoivent à la maison et à l'église, surtout à l'occasion de la messe, chaque dimanche, est fondamentale, mais elle n'est pas suffisante. C'est pourquoi l'Église, dans chaque paroisse, propose une catéchèse:
 
Mais nous ne possédons que des connaissances partielles. Pour comprendre le bien, nous avons besoin d'aides, que l'Eglise nous offre en de nombreuses occasions, surtout dans la catéchèse. Jésus lui-même montre ce qui est bon pour nous, en nous donnant sa première catéchèse.

    La question que pose Benoît XVI aux jeunes du Brésil, il la pose aussi à nous tous:
 
Chers jeunes, je veux entendre de vous aussi la réponse du jeune de l'Evangile : toutes ces choses, je les ai observées dès ma jeunesse. (...) Et vous, jeunes du Brésil et de l'Amérique latine, avez-vous déjà découvert ce qui est bon ? Suivez-vous les commandements du Seigneur ? Avez-vous découvert que cela est le véritable et unique chemin vers le bonheur ?

    Jésus est bon, donc il est exigeant, trop exigeant (et donc trop bon) à notre goût. Et c'est alors que notre profession de foi, que notre fidélité est mise en péril. À une époque où régnent en maîtres le matérialisme et l'individualisme, et en maîtresses la recherche du plaisir et du succès faciles, Jésus met la barre très haut: "Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole". Mais cette fidélité n'est pas impossible, puisque Jésus ajoute: "mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui." Tout devient possible, si Jésus et le Père viennent "demeurer" auprès de nous pour nous donner l'Esprit Saint, le Défenseur, le Consolateur. Nous pouvons demeurer, puisque Dieu demeure. Nous pouvons être fidèle, puisque Dieu est fidèle. La fidélité qu'il nous demande, il nous la donne comme un cadeau royal: l'Esprit Saint en Personne!

    Cette fidélité, n'est-ce pas la grâce de la confirmation? C'est cette grâce, ce cadeau qui, avec celui de l'Eucharistie achève notre initiation chrétienne, et rend possible notre fidélité, notre profession de foi. C'est ce cadeau que beaucoup d'entre nous avons déjà reçu. Qu'en avons-nous fait?  Allons-nous aider les jeunes à en vivre? Allons-nous répondre l'appel de Jésus? Allons-nous répondre à celui de Benoît XVI:
 
Soyez des hommes et des femmes libres et responsables ; faites de la famille un centre rayonnant de paix et de joie ; soyez des promoteurs de la vie, de son commencement à son déclin naturel ; protégez les personnes âgées, car elles méritent le respect et l'admiration pour le bien qu'elles vous ont fait. Le Pape s'attend également à ce que les jeunes cherchent à sanctifier leur travail, en l'accomplissant avec des compétences techniques et avec diligence, pour contribuer au progrès de tous leurs frères et pour illuminer avec la lumière du Verbe toutes les activités humaines (cf. Lumen gentium, n. 36). Mais, surtout, le Pape souhaite qu'ils sachent être les protagonistes d'une société plus juste et plus fraternelle, en remplissant leurs devoirs à l'égard de l'État : en respectant ses lois ; en ne se laissant pas emporter par la haine et par la violence ; en tentant d'être des exemples de conduite chrétienne dans leur milieu professionnel et social, en se distinguant par l'honnêteté dans les rapports sociaux et professionnels. Qu'ils se souviennent que l'ambition démesurée de richesse et de pouvoir conduit à la corruption de soi et des autres ; il n'y a pas de raisons valables qui justifient la tentative de faire prévaloir ses propres aspirations humaines, qu'elles soient économiques ou politiques, à travers la fraude et la tromperie.
 
(...) Ayez surtout un grand respect pour l'institution du Sacrement du Mariage. Il ne pourra pas y avoir de bonheur véritable dans les foyers si, dans le même temps, il n'y a pas de fidélité entre les époux. Le mariage est une institution de droit naturel, qui a été élevée par le Christ à la dignité de Sacrement ; c'est un grand don que Dieu a fait à l'humanité. Respectez-le, vénérez-le. Dans le même temps, Dieu vous appelle à vous respecter les uns les autres également lorsque vous tombez amoureux et vous vous fiancez, car la vie conjugale, qui par disposition divine est réservée aux couples mariés, sera une source de bonheur et de paix uniquement dans la mesure où vous saurez faire de la chasteté, en dehors et à l'intérieur du mariage, un rempart de vos espérances futures. Je vous répète ici à tous que « l'eros veut nous élever [...] vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c'est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons » (Lettre encyclique Deus caritas est [25 décembre 2005], n. 5). En peu de mots, il requiert un esprit de sacrifice et de renoncement pour un bien plus grand, qui est précisément l'amour de Dieu sur toutes les choses. Essayez de résister avec force aux pièges du mal existant dans de nombreux milieux, qui vous pousse à une vie dissolue, paradoxalement vide, en vous faisant égarer le don précieux de votre liberté et de votre vrai bonheur. Le véritable amour « cherchera toujours plus le bonheur de l'autre, il se préoccupera toujours plus de l'autre, il se donnera et il désirera “être pour” l'autre » (ibid., n. 7) et, pour cette raison, sera toujours plus fidèle, indissoluble et fécond.

    Mais l'Esprit Saint ne nous est pas donné pour nous-mêmes seulement, égoïstement. Quand Dieu nous donne l'Esprit Saint, il nous le donne pour nous envoyer vers les autres, ceux qui se sont égarés, pour faire de nous des apôtres de l'évangile:
 
Mais alors que je vous regarde, chers jeunes ici présents, qui rayonnez de joie et d'enthousiasme, c’est le regard de Jésus que je pose sur vous : un regard d'amour et de confiance, dans la certitude que vous avez trouvé la voie authentique. Vous êtes les jeunes de l'Eglise. Je vous envoie donc vers la grande mission d'évangéliser les jeunes garçons et filles qui errent dans ce monde, comme des brebis sans pasteur. Soyez les apôtres des jeunes. Invitez-les à marcher avec vous, à faire la même expérience de foi, d'espérance et d'amour ; à rencontrer Jésus pour se sentir réellement aimés, accueillis, avec la pleine possibilité de se réaliser. Qu'eux aussi découvrent les voies sûres des commandements et qu'en les parcourant, ils arrivent à Dieu.
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