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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

S. Ignace de Loyola, Règles pour sentir et reconnaître les motions qui se produisent dans l'âme (2)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
La huitième règle. Celui qui se trouve dans la désolation travaillera à demeurer dans la patience, qui est contraire aux vexations qui lui surviennent: et il pensera qu'il sera vite consolé, s'il prend les moyens pour lutter contre cette désolation, comme cela a été dit dans la sixième règle.

La neuvième règle. Il y a trois causes principales pour lesquelles nous nous trouvons désolés.
La première, c'est que nous sommes tièdes, paresseux ou négligents dans nos exercices spirituels; ainsi c'est à cause de nos fautes que la consolation spirituelle s'éloigne de nous.
La deuxième, pour nous faire éprouver ce que nous valons et jusqu'où nous avonçons dans son service et sa louange sans un tel salaire de consolations et de grandes grâces.
La troisième, pour nous donner véritable savoir et connaissance - en sorte que nous le sentions intérieurement - qu'il ne dépend pas de nous de faire naître ou de conserver une grande dévotion, un amour intense, des larmes, ni aucune autre consolation spirituelle, mais que tout est don et grâce de Dieu notre Seigneur; et aussi pour que nous ne fassions pas notre nid chez autrui, élevant notre esprit en quelque orgueil ou vaine gloire, en nous attribuant à nous-mêmes la dévotion ou les autres formes de consolation spirituelle.

La dixième règle. Celui qui se trouvera dans la consolation pensera à la façon dont il se comportera dans la désolation qui viendra ensuite, prenant de nouvelles forces pour ce moment-là.

La onzième règle. Celui qui est consolé cherchera à s'humilier et à s'abaisser autant qu'il le pourra, en pensant au peu dont il est capable dans le temps de la désolation, sans cette grâce ou consolation. À l'inverse, celui qui se trouve dans la désolation pensera qu'il peut faire beaucoup de bien avec la grâce suffisante pour résister à tous ces ennemis, en prenant des forces dans son Créateur et Seigneur.

La douzième règle. L'ennemi se comporte comme une femme: il est faible quand on use de la force et fort quand on le laisse faire. En effet, c'est le propre de la femme, quand elle se querelle avec un homme, de perdre courage et de prendre la fuite quand l'homme lui tient tête résolument; mais, à l'inverse, si l'homme commence à fuir en perdant courage, la colère, la vengeance et la férocité de la femme deviennent immenses et sans limites.
De même, c'est le propre de l'ennemi de faiblir et de perdre courage, de fuir avec ses tentations, lorsque celui qui s'exerce dans les choses spirituelles tient tête résolument aux tentations de l'ennemi, faisant 'diamétralement' l'opposé. À l'inverse, si celui qui s'exerce commence à avoir peur et à perdre courage lorsqu'il subit les tentations, il n'y a pas sur la face de la terre de bête si féroce que l'ennemi de la nature humaine pour poursuivre son intention maudite avec une si grande malice.

La treizième règle. Il se comporte également comme un amoureux frivole, voulant rester caché et ne pas être découvert. En effet, lorsqu'un homme frivole part avec une mauvaise intention et sollicite la fille d'un bon père ou l'épouse d'un bon mari, il veut que ses paroles et ses insinuations restent cachées. Au contraire, il lui déplaît fort que la fille découvre à son père ou l'épouse à son mari ses paroles frivoles et son intention dépravée, car il en déduit aisément qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise commencée.
De même quand l'ennemi de la nature humaine présente à l'âme juste ses ruses et ses insinuations, il veut et désire qu'elles soient reçues et gardées secrètes. Mais quand celle-ci les découvre à son bon confesseur ou à une autre personne spirituelle qui connaît ses tromperies et ses mauvaises actions, il en est très mécontent, car il en déduit qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise perverse qu'il a commencée, parce que ses tromperies évidentes sont découvertes.

La quatorzième règle. Il se comporte également comme un chef de guerre voulant vaincre et dérober ce qu'il désire. En effet, un capitaine et chef d'armée en campagne, après avoir établi son camp et examiné les points forts ou le dispositif d'un château, l'attaque par l'endroit le plus faible.
De même, l'ennemi de la nature humaine fait sa ronde, examine tour à tour chacune de nos vertus théologales, cardinales et morales; et c'est là où il nous trouve plus faibles et plus démunis pour notre salut éternel, qu'il nous attaque et essaie de nous prendre.

Exercices Sprituels, Éd. Desclée de Brouwer - Bellarmin 1993, p. 186-189
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