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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Sermon pour la Nativité de saint Jean-Baptiste (5)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
24juin.nativite.jean.ev11. Le neuvième honneur, c'est le témoignage que lui rend la Vérité elle-même. Écoutez ce qu'elle dit : « Jean, ayant appris dans les fers les oeuvres de Jésus-Christ, lui envoya deux disciples (Matth. XI, 1), » et il leur fut répondu : « les aveugles voient » et le reste que rapporte avec étendue le récit évangélique. Quand ces envoyés se retirèrent (pour que leur présence ne parût point inspirer d’adulation) Jésus se mit à dire de Jean : « Qu'êtes-vous allé voir au désert? Un roseau agité par le vent? » O admirable témoignage du Rédempteur! Qui, entré dans le monde, n'a pas connu le monde en quelque manière ? Quel est, en effet, celui qu'une félicité semblable au vent, qu'une adversité troublée, ou que le souffle plus léger du péché n'a pas agité ? Le Sauveur ajoute à la fin que Jean-Baptiste est plus élevé que la terre, qu'il monte par dessus les cieux et qu'il arrive au faîte de la dignité des anges. « Parmi ceux qui sont nés des femmes, » dit le Seigneur, « il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste (Matth. XI, 11). » Que voulez-vous de plus ? D'aucun autre personnage, dit saint Augustin, on n'a pu affirmer ce qui a été prononcé de saint Jean. Ne m'opposez pas l'Évangéliste chéri plus que tous les autres disciples, ni Pierre, préféré à tous les autres apôtres, ni le vase d'élection, ravi jusqu'au troisième ciel ; que la splendeur de la dignité apostolique n'ose pas lutter contre le précurseur : tous les apôtres, en effet, avaient franchi les limites de l'adolescence, lorsque la Vérité a prononcé cet oracle : « parmi ceux qui sont nés, » etc. Considérez les demeures du royaume, parcourez toute la série des générations humaines, vous trouverez que saint Jean-Baptiste seul est préféré ou égalé aux Pères de l'ancien et du nouveau Testament : Cependant au dessus de tout, est notre Dieu béni.

12. Le dixième honneur est l'assurance de la sainte Église notre mère. Le bord de son manteau est orné, le parfum est répandu sur sa tète et inonde sans relâche l'extrémité de son vêtement. Car l'Eglise de Rome, la mère et la maîtresse de toutes les Eglises, à qui il a été dit : « J'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point (Luc. XXII, 32), » a été marquée et consacrée au Sauveur et ensuite à saint Jean. Il était digne, en effet, que, l'autorité de l'Épouse se conformât à la sentence de l'Époux et qu'elle plaçât l'ami singulier du Sauveur là où elle avait établi sa principauté. C'est un choix vraiment remarquable, que même dans la ville de Rome, saint Jean possède la principale Eglise, en cette cité que les deux luminaires du ciel ont consacrée de leur glorieux martyre. Pierre est crucifié, Paul décapité, et l'honneur reste au Précurseur. Rome est empourprée du sang des martyrs et toute la gloire reste à ce glorieux Patriarche. Jean est partout plus grand, il est incomparable en toutes choses, admirable par dessus tous les autres. Qui a été annoncé avec tant de gloire ? qui a été aussi spécialement rempli du Saint-Esprit dans le sein de sa mère ? Qui a tressailli comme lui dans cette position ? De quel autre saint l'Église célèbre-t-elle la Nativité? Qui a aimé comme lui le désert ? qui a mené une vie sainte comme la sienne ? qui a prêché avant lui la pénitence et le royaume des cieux? qui a baptisé le roi de gloire ? à qui la Trinité s'est-elle manifestée avant lui ? à qui la vérité a-t-elle rendu un hommage si éclatant ? Quel personnage l'Église a-t-elle honoré autant que lui ? Voyez si tous ces privilèges ne lui sont pas tellement propres qu'aucun mortel n'en peut désirer de semblables. Vous allez peut-être m'objecter que ce saint possède ces distinctions particulières de telle manière qu'il n'a point les qualités communes aux autres saints. Ecoutez donc, Jean est patriarche, et qui plus est, le dernier et le chef des patriarches. Jean est prophète et plus que prophète, parce qu'il montra du doigt celui dont il annonça la venue. Jean est un ange, mais choisi parmi les anges, d'après le témoignage du Sauveur qui prononce ces paroles : « Voici que j'envoie mon ange qui préparera ma voie devant ma face (Matth. XI, 10). » Jean est apôtre, mais le premier et le principal des apôtres, lui qui fut le premier homme envoyé de Dieu. Jean est évangéliste, mais le premier qui a inculqué l'Evangile, prêchant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Jean est vierge, bien plus, un modèle insigne de virginité, le type de la pudeur, l'exemplaire de la chasteté. Jean est martyr, mais la lumière des martyrs, forme du martyre brillant entre la naissance et la mort de Jésus-Christ. J'omets de dire qu'il fut la voix de celui qui criait dans le désert, le héraut du Verbe, le précurseur du juge. Je ne dis pas non plus que, jusque à lui, la loi et les prophètes prophétisèrent, qu'il est Elie, une lumière ardente et luisante, l'ami de l'Époux et celui qui a contribué à l'établissement du règne de l'Épouse. Je passe sous silence qu'il a été placé au milieu des neuf choeurs des anges, qu'il est même au plus haut des rangs des séraphins. Mais ceci serait si difficile à expliquer, que la pauvreté de nos idées n'y peut suffire. Que ce que nous avons dit des louanges de Jean suffise pour la gloire du Rédempteur qui est béni dans tous les siècles. Amen.
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