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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

R.P. Georges Cottier…, Le repas eucharistique

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)

Incarnation et repas

      
21-T.O.B-jpgL’'annonce du banquet de la Sagesse, dans l’'ancienne alliance, était en fait orientée vers l'’eucharistie, car le personnage de la Sagesse trouve dans le Christ son accomplissement. Jésus lui-même s’'est identifié avec la Sagesse lorsqu'’il a déclaré : À la Sagesse a été rendue justice par ses œoeuvres (Mt 11, 19). Les œoeuvres de la Sagesse consistaient dans les miracles opérés par Jésus ainsi que dans toute son activité salvatrice.

       Jésus réalise de la façon la plus concrète ce que la Sagesse avait désiré dans le repas qu'’elle instaurait : se faire manger, se faire boire. Les propos de la Sagesse ne pouvaient avoir qu'’une valeur métaphorique : lorsqu'’elle disait : ceux qui me mangent (...…), ceux qui me boivent (…...), on ne pouvait attribuer aux verbes "manger" et "boire" qu’'un sens imagé. Au sens propre, il était impossible de manger ou boire la Sagesse ; on pouvait seulement la rechercher dans la manière de penser et d’agir, et l’'accueillir comme un don divin qui transforme la mentalité.

       Au contraire, dans le cas de Jésus, les actes de manger et de boire conservent leur sens et leur valeur, comme le font comprendre les paroles si claires du discours qui promet l'’instauration de l’eucharistie : Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle (Jn 6, 54). Certes, ce qui est donné à manger et à boire n’'est pas aliment et boisson ordinaire. Il s'’agit de manger la chair du Christ dans un état glorieux où elle est remplie de l'’Esprit Saint ; il s’'agit de boire son sang dans le même état. Mais manger et boire sont essentiels. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson (Jn 6, 55). Tout en prenant une nouvelle portée par le mystère de la présence du corps et du sang du Christ, le repas subsiste avec le manger et le boire.

       Ce qui permet ce manger et ce boire, c’'est le mystère primordial de l'’incarnation. La Sagesse avait été décrite comme une personne divine venue au milieu des hommes, mais elle n'’était pas incarnée. Elle n’'avait ni chair ni sang. Le Christ est personne divine venue dans le monde, avec pleine réalité d'’une incarnation qui le fait vivre comme les autres hommes dans une condition de chair et de sang.

       En vertu de l'’incarnation, Jésus se définit lui-même comme la nourriture eucharistique : Moi, je suis le pain de vie (Jn 6, 35). Cette expression employée dans l'’Évangile de Jean fait entrevoir que la personne divine du Christ est elle-même la nourriture accordée à l'’humanité pour une vie nouvelle. Certes, la personne divine n'’est pain de vie que par le corps et le sang qui lui appartiennent. Toutefois, il reste vrai que c’'est le Fils de Dieu, comme personne, qui se livre en nourriture et en breuvage.

       Jésus insiste sur cet engagement de sa personne divine de Fils dans le repas eucharistique lorsqu'’il déclare : Le pain de Dieu, c’'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde (Jn 6, 33). Le don divin du pain coïncide avec le don de l’'incarnation. "Descendre du ciel" et "donner la vie au monde" sont deux traits caractéristiques de l’'incarnation ; c'’est le mot "pain" qui y fait reconnaître l’'eucharistie. Dans la consécration eucharistique, le Fils descend du ciel et dans le repas eucharistique il donne la vie au monde. Ainsi l'’eucharistie ne cesse de renouveler la démarche de l'’incarnation.

       Le pain de Dieu n’'est donc pas simplement le pain donné par Dieu ; selon l’'affirmation "je suis", c'’est Dieu lui-même qui se donne comme pain. Dans l’'eucharistie le Christ n'’engage pas seulement son corps et son sang, il s’'engage totalement lui-même. Par là le repas eucharistique consiste pour lui à communiquer sa propre vie aux hommes. Il s'’agit de la communication de la vie divine elle-même, vie possédée par le Fils et mise à disposition de tous ceux qui sont destinées à partager sa filiation. C’'est ce qui est impliqué dans le déclaration : Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle (Jn 6, 54).

       Toute la vie de la grâce est communication de cette vie éternelle du Fils. Mais la communication se produit par excellence dans l’'eucharistie. L'’acte de manger et de boire signifie une pénétration plus profonde de la vie du Christ à l’'intérieur de l’'individu, une assimilation plus complète de sa vie personnelle à la vie supérieure du Fils incarné.



Eucharistie, sacrement de la vie nouvelle,
ouvrage préparé au nom du Conseil de Présidence du Grand Jubilé de l’An 2000, 1999,
p. 99-101
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Sébastien 31/08/2006 14:36

Non, je ne suis pas un anthropophage,et je veux vivre du commandement de l'Amour;"Tu ne jugeras pas"en fait parti,mais aussi la correction fraternelle,qui ne trouve pas son lieu ici, car c'est un lieu ouvert aussi à tous; et pas pas non plus pour taper sur l'Eglise (ce que je ne fais pas). Dans l'amour toujours! Désolé. Séb.

Robert 30/08/2006 08:59

                          Père,
Votre remarque est intérressante...car elle nous montre comment la calomnie se contredit elle-même car elle provient d\\\'un jugement à la surface des choses, sans "intelligence" (qui signifie aussi, par sa racine :"lire de l\\\'intèrieur")et avec de surcroît un esprit de  rébellion. Le Seigneur a montré à ceux qui voulaient le faire trébucher que leur propos n\\\'étaient pas cohérents de l\\\'intèrieur.Il vaudrait mieux pour ces faux "architectes" qu\\\'ils fussent aveugles de naissance, (ou qu\\\'ils ne soient pas nés!), là ils reconnaîtraient leur péché,selon la phrase de Jésus. (Il dit aussi qu\\\'ils partent à la recherche de celui qu\\\'ils pourront convertir, et quand ils l\\\'ont trouvé ils le rendent deux fois plus dignes de la Géhenne...)Je parle de ceux qui,délibérément sèment le poison des mensonges et qui savent ce qu\\\'ils font. Ce qu\\\'ils veulent construire c\\\'est l\\\'oeuvre du Rebelle. Mais le Seigneur aura le dernier mot. Sébastien

Walter Covens 30/08/2006 15:51

Comme je le disais, ce blog n'est pas une paroisse. Il n'est pas réservé aux croyants. Le commentaire auquel vous faites allusion a au moins l'avantage de nous faire réfléchir. Mais je suis d'accord avec le fait qu'il serait peu honnête d'accuser les chrétiens de cannibalisme tout en voulant "bouffer du curé" tous les jours. Ce qui reste à démontrer en ce qui concerne notre interlocuteur. Je rappelle à tous et à toutes le propos de Saint Ignace de Loyola au début des Exercices, et qui vaut aussi pour ce blog : "Pour que celui qui donne les exercices spirituels comme celui qui les reçoit y trouvent davantage d'aide et de profit, il faut présupposer que tout bon chrétien doit être plus enclin à sauver la proposition du prochain qu'à la condamner; et s'il ne peut la sauver qu'il s'enquière de la manière dont il la comprend et, s'il la comprend mal, qu'il le corrige avec amour. Si cela ne suffit pas, qu'il cherche tous les moyens appropriés pour que, la comprenant bien, il se sauve."

Zieverderaa 29/08/2006 22:43

Disons-le franchement, on n'est pas loins du cannibalisme dans cette affaire !

Walter Covens 29/08/2006 23:57

"Les chrétiens sont des anthopophages." C'était le jugement des païens au temps des premiers chrétiens. Je l'ai toujours trouvé curieux, car soit on croit à la présence réelle de Jésus dans l'eucharistie, soit on n'y croit pas. Si on n'y croit pas, on dit que c'est du pain. L'accusation d'anthropophagie, dans ce cas, n'a pas de sens. Si on y croit, c'est en la présence, sous les apparences du pain, du Christ glorieux que l'on croit. Dans ce cas, l'accusation de cannibalisme n'a aucun sens non plus. Il ne reste donc que ceux qui croient de travers... et ceux qui calomnient. Pour ceux-là, oui, nous sommes des cannibales.

Savez-vous, par ailleurs, que le mot "cannibale" vient de "caribal", mot de la langue des caraïbes des Antilles qui signifie "hardi"? Dans ce sens éthymologique précis, nous sommes des cannibales, oui. C'est la hardiesse de notre foi. "Honni soit qui mal y pense", aurait dit quelqu'un.

Lisez aussi le prochain article à paraître: Banquet animé par l'Esprit vivifiant.

Marie Aline 29/08/2006 18:10

La Sagesse qui désirait instauré un repas, et la Sagesse qui se donne en nourriture dans sa Chair et dans son Sang, nous donne aussi son Esprit Saint, qui nous fait rentrer dans le mystère de sa présence réelle.
Désirer et accueillirla Sagesse, c'est le comble de notre vie.
                                                            CH.

daniel 29/08/2006 09:29

j'ai compris aujourd'hui que l'homme doit manger et boire :
-des aliments terrestres pour nourrir son corps,le faire grandir et le maintenir en bonne santé
-des aliments celestes en la personne de Jésus pour nourrir son âme d'une nourriture impérissable ; celle-là même qui la fait avancer vers le Royaume de Dieu dans lequel il est appelé à vivre éternellement

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