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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Éd. du Cerf - Desclée De Brouwer, p. 280-283

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Depuis que j’ai deux frères et mes petites sœurs les novices, si je voulais demander pour chaque âme ce qu’elle a besoin et bien le détailler, les journées seraient trop courtes et je craindrais fort d’oublier quelque chose d’important. Aux âmes simples, il ne faut pas de moyens compliqués, comme je suis de ce nombre, un matin, pendant mon action de grâces, Jésus m’a donné un moyen simple d’accomplir ma mission. Il m’a fait comprendre cette parole des Cantiques : " Attirez-moi, nous courrons à l’odeur de vos parfums. " Ô Jésus, il n’est donc même pas nécessaire de dire : En m’attirant, attirez les âmes que j’aime. Cette simple parole : " Attirez-moi " suffit. Seigneur, je le comprends, lorsqu’une âme s’est laissée captiver par l’odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu’elle aime sont entraînées à sa suite ; cela se fait sans contrainte, sans effort, c’est une conséquence naturelle de son attraction vers vous. De même qu’un torrent se jetant avec impétuosité dans l’océan entraîne après lui tout ce qu’il a rencontré sur son passage, de même, ô mon Jésus, l’âme qui se plonge dans l’océan sans rivages de votre amour attire avec elle tous les trésors qu’elle possède… Seigneur, vous le savez, je n’ai point d’autres trésors que les âmes qu’il vous a plus d’unir à la mienne ; ces trésors, c’est vous qui me les avez confiés, aussi j’ose emprunter les paroles que vous avez adressées au Père Céleste le dernier soir qui vous vit encore sur notre terre, voyageur et mortel. Jésus, mon Bien-Aimé, je ne sais pas quand mon exil finira… plus d’un soir doit me voir encore chanter dans l’exil vos miséricordes, mais enfin, pour moi aussi viendra le dernier soir ; alors je voudrais pouvoir vous dire, ô mon Dieu : " Je vous ai glorifié sur la terre ; j’ai accompli l’œuvre que vous m’avez donnée à faire ; j’ai fait connaître votre nom à ceux que vous m’avez donnés : ils étaient à vous, et vous me les avez donnés. C’est maintenant qu’ils connaissent que tout ce que vous m’avez donné vient de vous ; car je leur ai communiqué les paroles que vous m’avez communiquées, ils les ont reçues et ils ont cru que c’est vous qui m’avez envoyée. Je prie pour ceux que vous m’avez donnés parce qu’ils sont à vous. Je ne suis plus dans le monde ; pour eux, ils y sont et moi je retourne à vous. Père Saint, conservez à cause de votre nom ceux que vous m’avez donnés. Je vais maintenant à vous, et c’est afin que la joie qui vient de vous soit parfaite en eux, que je dis ceci pendant que je suis dans le monde. Je ne vous prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont point du monde, de même que moi je ne suis pas du monde non plus. Ce n’est pas seulement pour eux que je prie, mais c’est encore pour ceux qui croiront en vous sur ce qu’ils entendront dire. Mon Père, je souhaite qu’où je serai, ceux que vous m’avez donnés y soient avec moi, et que le monde connaisse que vous les avez aimés comme vous m’avez aimée moi-même. " Oui, Seigneur, voilà ce que je voudrais répéter après vous, avant de m’envoler en vos bras. C’est peut-être de la témérité ? Mais non depuis longtemps vous m’avez permis d’être audacieuse avec vous, comme le père de l’enfant prodigue parlant à son fils aîné, vous m’avez dit : " Tout ce qui est à moi est à toi. " Vos paroles, ô Jésus, sont donc à moi et je puis m’en servir pour attirer sur les âmes qui me sont unies les faveurs du Père Céleste. Mais, Seigneur, lorsque je dis qu’où je serai je désire que ceux qui m’ont été donnés par vous y soient aussi, je ne prétends pas qu’ils ne puissent arriver à une gloire bien plus élevée que celle qu’il vous plaira de me donner, je veux demander simplement qu’un jour nous soyons tous réunis dans votre beau Ciel. Vous le savez, ô mon Dieu, je n’ai jamais désiré que vous aimer, je n’ambitionne pas d’autre gloire. Votre amour m’a prévenue dès mon enfance, il a grandi avec moi, et maintenant c’est un abîme dont je ne puis sonder la profondeur. L’amour attire l’amour, aussi, mon Jésus, le mien s’élance vers vous, il voudrait combler l’abîme qui l’attire, mais hélas ! ce n’est pas même une goutte de rosée perdue dans l’océan !… Pour vous aimer comme vous m’aimez, il me faut emprunter votre propre amour, alors seulement je trouve le repos. Ô mon Jésus, c’est peut-être une illusion, mais il me semble que vous ne pouvez combler une âme de plus d’amour que vous n’en avez comblé la mienne ; c’est pour cela que j’ose vous demander d’aimer ceux que vous m’avez donnés comme vous m’avez aimée moi-même. Un jour, au Ciel, si je découvre que vous les aimez plus que moi, je m’en réjouirai, reconnaissant dès maintenant que ces âmes méritent votre amour bien plus que la mienne, mais ici-bas je ne puis concevoir une plus grande immensité d’amour que celui qu’il vous a plu de me prodiguer gratuitement sans aucun mérite de ma part. Ma Mère chérie, enfin je reviens à vous, je suis tout étonnée de ce que je viens d’écrire, car je n’en avais pas l’intention, puisque c’est écrit il faut que ça reste, mais avant de revenir à l’histoire de mes frères, je veux vous dire, ma Mère, que je n’applique pas à eux, mais à mes petites sœurs, les premières paroles empruntées à l’Évangile : Je leur ai communiqué les paroles que vous m’avez communiquées, etc… car je ne me crois pas capable d’instruire des missionnaires, heureusement je ne suis pas encore assez orgueilleuse pour cela ! Je n’aurais pas davantage été capable de donner quelques conseils à mes sœurs, si vous, ma Mère, qui me représentez le bon Dieu, ne m’aviez donné grâce pour cela. C’est au contraire à vos chers fils spirituels qui sont mes frères que je pensais en écrivant ces paroles de Jésus et celles qui les suivent – " Je ne vous prie pas de les ôter du monde… je vous prie encore pour ceux qui croiront en vous sur ce qu’ils entendront dire. " Comment en effet pourrais-je ne pas prier pour les âmes qu’ils sauveront dans leurs moissons lointaines par la souffrance et la prédication ?
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Honore 03/06/2006 02:38

Ah les pensées de Thérèse !Tous les catholiques devraient les lire et les relire.Elles m'ont fait comprendre ,avec une grande simplicité ,tout l'amour de Dieu pour moi et ,depuis ce jour-là ,je me confesse volontiers et communie régulièrement.C'est ainsi que le Christ ,dans la sainte Eucharistie ,est devenu mon compagnon ,je sais qu'il est en moi et qu'il m'aime et me fortifie malgré mes faiblesses humaines.

Walter Covens 03/06/2006 03:32

Merci de votre témoignage qui rejoint celui d'une multitude de plus en plus grande !

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