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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

La bonne nouvelle de la prière chrétienne - Homélie 7° dimanche de Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
La bonne nouvelle de la prière chrétienne - Homélie 7° dimanche de Pâques B

 

 

    Quelques jours après l'Ascension et une semaine avant la Pentecôte nous vivons un temps d’attente dans la prière pour recevoir le don de l'Esprit Saint, promis par Jésus. Si nous avons pu appeler le temps qui s'écoule entre Pâques et l’'Ascension une "école d’'évangélisation" (cf. homélie de l'’Ascension), nous pourrions appeler le temps entre l'Ascension et la Pentecôte une "école de prière", étant bien entendu que ce ne sont nullement deux écoles différentes, car la prière est "l'âme de tout apostolat" (Dom Chautard). "La bonne nouvelle de la prière chrétienne" : c’est ainsi que l'on pourrait annoncer l'évangile (= Bonne Nouvelle) d’'aujourd’'hui.

    Car aujourd’hui –- et c’est très rare, tout compte fait - – les paroles de Jésus dans l'évangile ne sont pas des paroles que Jésus dit aux hommes. Ce sont des paroles qu'il adresse au Père. Ce ne sont pas des paroles où Jésus parle de son Père aux hommes, mais des paroles où Jésus parle des hommes à son Père. Et saint Jean, en nous transmettant ces paroles, nous permet d'entrer dans le mystère même de la prière de Jésus, qui n'est rien d'autre que le mystère trinitaire.

    Grâce aux Synoptiques nous savons que Jésus priait avec les Psaumes, sur la Croix notamment (Mt 27, 46 ; Lc 23, 46). Il récite le Hallel (Ps 113 – 118) à la fin du repas pascal (Mt 26, 30 et parall.). Les paroles du Notre Père attestent que plusieurs prières juives étaient familières à Jésus, comme le Qadddish (prière de la fin de l'office synagogal), le Shema (Dt 6, 4-9) et le Shémoné-Esré (les 18 bénédictions), deux prières que tout Juif adulte de sexe masculin récite tous les matins et soirs. Mais à part la prière de Gethsémani et les paroles sur la croix, tirées des psaumes, les Synoptiques ne nous rapportent que l'action de grâces rendue au Père d’avoir caché son mystère aux sages et de l’'avoir révélé aux petits (Mt 11, 25-27 ; Lc 10, 21-22).

    C’est ce mystère, précisément que le Père veut nous révéler au chapitre 17 de saint Jean. C'est la plus longue prière de Jésus que nous connaissions. Elle a été appelée, "à juste titre" (!), estime le Catéchisme de l'Église catholique (2747), la "prière sacerdotale" de Jésus. On l'a appelée aussi "prière de consécration", "prière de glorification", "prière de mission", "prière pour l'unité des chrétiens" ou "prière de l'Heure".

    Mais aujourd'hui, j'aimerais m’arrêter, plutôt qu'’aux paroles de cette prière de Jésus, au fait même que Jésus prie pour nous. Car, disons-le d'emblée, la prière de Jésus n'est pas à reléguer dans le passé.

 

Elle révèle la prière toujours actuelle de notre Grand Prêtre (CEC 2746)
car il vit pour toujours, afin d'intercéder en (notre) faveur (He 7, 25).

    La prière de l’évangile d’aujourd’hui est Parole de Dieu, elle est vivante, et elle ne passera pas. Jésus a prié pour nous : quelle consolation ! Jésus continue de prier pour nous : quelle sécurité ! Ce n’est pas tout.

 

Notre Grand Prêtre qui prie pour nous est aussi Celui qui prie en nous et le Dieu qui nous exauce. (CEC 2749)

    Non seulement Jésus prie pour nous à chaque instant. Il prie en nous. Saint Paul nous enseigne que notre corps est le temple de l’Esprit Saint (1 Co 6, 19), et que l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables (Rm 8, 26). Mais l’Esprit Saint n’a pas deux manières différentes de prier : une manière en Jésus, et une autre manière en nous. 

 

Envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l'appelant "Abba !" (Ga 4, 6).

    Et Jésus dit au sujet de l’Esprit :

 

Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. " (Jn 16, 14-15)

    Ce qui veut donc dire aussi : Il prendra ma prière et Il vous la donnera ! Si bien que nous pouvons dire en toute vérité : "Ce n’est plus moi qui prie, c’est le Christ qui prie en moi" (cf. Ga 2, 20). Alors nous pouvons être sûrs de toujours être exaucés !

    La prière chrétienne est toute simple. Rien à voir avec le yoga ! Une personne qui a la maladie d’Alzheimer peut le faire. Un malade qui a quarante degrés de fièvre peut le faire ; une maman surmenée peut le faire ; un homme d’affaire stressé peut le faire. Un jeune paumé peut le faire. Un petit bébé qui vient d’être baptisé le fait.

    Saint Augustin, en commentant le Psaume 85 (86), ("Écoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux"), disait déjà :

 

Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu (est celui) qui, à la fois, prie pour nous, prie en nous et est prié par nous. Il prie pour nous comme prêtre, il prie en nous comme notre chef, il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc nos paroles en lui, et ses paroles en nous.

    Voilà donc qu’en écoutant l’évangile d’aujourd’hui, nous pouvons reconnaître notre voix en Jésus et la voix de Jésus en nous. Notre prière, reconnaissons-le, est bien pauvre.

 

Nous ne savons pas prier comme il faut.
    C’est justement pour cela que
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse (Rm 8, 26)
en priant en nous la prière de Jésus, à condition que nous croyions en lui, c’est-à-dire, que nous ne jouions aux sages et aux savants, mais que nous soyons tout petits (cf. Mt 11, 25-27). Sainte Thérèse de Lisieux nous en offre un magnifique exemple.

    Mais qui, mieux que la Vierge Marie, a permis à Jésus de prier en elle pour les disciples de hier, d’aujourd’hui et de demain, dont elle est devenue Mère ? Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Sauret Christiane 29/05/2006 20:37

L\\\'Evangile de St Jean(17,11-19) nous révèle un Amour infini et miséricordieux de Jésus, qui lui-même prie pour nous, pour que nous restions dans la fidélité au nom du Père, et que nous soyons un, comme lui dans le Père. (J\\\'ai veillé sur eux, et aucun ne s\\\'est perdu, sauf celui qui s\\\'en va à sa perte de sorte que l\\\'Ecriture soit accomplie).
mais, l\\\'attitude de celui qui s\\\'en va à sa perte, me tient à coeur.......

Walter Covens 30/05/2006 23:29

Le sort de Judas a toujours intrigué et a fait l'objet de pas mal de commentaires et de spéculations. La littérature est abondante et couvre les siècles. Ces dernières semaines, il est revenu à la une de l'actualité à l'occasion de la publication de "L'Évangile de Judas". Mettons d'abord en garde d'abord contre la tentation de tous les temps d'une curiosité malsaine qui n'est qu'un alibi pour ... ne pas se convertir ; ensuite contre celle, de jadis surout, de décréter que Judas est un enfer ; et enfin contre celle, d'aujourd'hui surtout, de vouloir réhabiliter Judas à tout prix. "Dans les profondeurs de l’inconscient collectif, Judas le déicide, le suicidé, ne serait-il pas une des figures de l’homme moderne ?" (Jacqueline Sayerle) Le fait est que nous ne savons rien du sort éternel de Judas. Donc, on peut toujours prier pour le salut de son âme, comme pour le salut de n'importe quelle âme du purgatoire.
On connaît la remarque de François Mauriac sur Judas : “Il s’en est fallu de très peu que les larmes de Judas ne fussent confondues, dans le souvenir des hommes, avec celles de Pierre. Il aurait pu devenir un saint, le patron de nous tous qui ne cessons de trahir.” (Vie de Jésus, p.229). Mais l'Église, qui canonise une multitude de saints, en nous assurant qu'ils sont allés au ciel au moment même de leur mort, n'a jamais porté un jugement équivalent pour l'enfer ! Dans la "Divine Comédie", Dante met Judas au fond de l'enfer. Mais Dante n'est pas l'Église.
En ce qui concerne le passage de l'évangile de dimanche : "Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes. quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé sur eux, et aucun ne s'est perdu, sauf celui qui s'en va à sa perte de sorte que l'Écriture soit accomplie" (Jn 17, 11-12), voici ce que l'on peut dire :
1. Jésus prononce les paroles de cette prière le soir du jeudi saint. À ce moment-là, Judas a déjà fermement décidé - mais n'a pas encore exécuté son dessein - de livrer Jésus. La précision est importante. Dans son commentaire (Jean, le dscours d'adieu, 2e tome, p. 241), Adrienne von Speyr fait une remarque qui a de quoi nous étonner, mais qui me parâit très juste : "Le péché prémédité que l'on va commettre est pire que le péché commis. Aussi longtemps que quelqu'un a l'intention de pécher, il est incapable de le regretter. Quand le péché est commis, il peut y avoir une voix ouverte vers la contrition et la confession. Avant, il est incapable de regretter et ne peut donc recevoir ni pardon ni absolution. Un homme qui meurt au moment où il est bien décidé à commettre un péché grave est plus mal loti au jugement que celui qui l'a déjà commis, parce que pour ce dernier l'acte accompli ne peut plus lui barrer le chemin du retour." C'est la raison pour laquelle Jésus, à ce moment-là, "ne peut pas le présenter au Père comme un sauvé". Et Adrienne ajoute : "S'il doit être sauvé, ce ne sera que par la croix elle-même"...
2. Jésus, en appelant Judas "le fils de perdition" n'a pas voulu dire qu'il serait certainement damné. Les Sémites utilisent volontiers la tournure "fils de" dans le sens de "mériter", par exemple, la mort. En 2 S 12, 5 on traduit habituellement : "Il mérite la mort (ou : il est digne de mort), l'homme qui a fait cela." Littéralement, le texte dit : "fils de mort" (cf. note de la trad. Osty, qui renvoie aussi à 1 S 20, 31 et 1 S 26, 16).
3. "de sorte que l'Écriture soit accomplie", et non pas "afin que l'Écriture fût accomplie", car la préposition grecque "hina" a souvent un sens consécutif, et c'est le cas dans ce passage. "L'Écriture n'est pas une prédétermination à laquelle un individu ou les évènements doivent se plier : prédire n'est pas provoquer." (X. Léon-Dufour) "La trahison de Judas, prévue dans l'Écriture (cf. Ps 41, 10 ; Jn 13, 18) a eu lieu, non pas parce qu'elle était prévue, mais par la libre volonté de l'homme que Dieu, dominant l'histoire, connaît et respecte toujours." (G. Zevini)

Sauret Christiane 28/05/2006 15:45

Aujourd'hui,  faisons nôtre la prière de Jésus comme pour les disciples, car il est toujours avec nous, qu'il nous garde dans la fidélité au nom de notre Père Saint.

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