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Mardi 15 juillet 2008
publié dans : Il est vivant ! communauté : Communauté de prière

Rome (Agence Fides) – Au début de la réforme liturgique, l’idée se répandit que le Tabernacle était un obstacle à la Messe célébrée « face au peuple », même si les Instructions considéraient qu’il était licite (cf. “Inter Oecumenici” n. 95 ed “Eucharisticum Mysterium” n. 54). On déclarait alors: Jésus-Christ devient présent par la Consécration lors de la Messe; le laisser sur l’autel veut dire faire naître un conflit de signes.



Cette idée, en vérité, a trouvé sa place dans cette même Instruction (cf. EM 55), et, en apparence, elle semble cohérente. Mais il s’est passé que, peu à peu, les « différents », ou les « principaux modes de la présence » de Jésus-Christ (cf. “Lumen Gentium” n. 48; Catéchisme de l’Eglise Catholique n. 1373; EM n. 9 et n. 55), ont été considérés, plus ou moins, comme équivalents : en somme, le relativisme s’est répandu, dans ce milieu, avant de se répandre ailleurs. Aujourd’hui encore, de nombreux fidèles ne sont pas en mesure de distinguer les différentes formes de la « présence du Christ » dans les Signes Saints.

Quand le concile était sur le point de commencer sa dernière Session, le Pape Paul VI a publié, le 3 septembre 1965, l’Encyclique « Mysterium Fidei ». Pour s’opposer à la réduction et à la négation de la Présence Réelle du Seigneur dans le Très Saint-Sacrement, il rappelait que Sacrifice et Sacrement sont un mystère unique inséparable, et que ce mystère est la Chair de Jésus-Christ Crucifié et Ressuscité ; que c’est le plus grand des miracles : que, grâce à la transsubstantiation, c’est une nouvelle réalité ontologique ; que le Très Saint-Sacrement doit être conservé dans des Temples et dans des oratoires comme étant le centre spirituel de chaque communauté, de toute l’Eglise et de toute l’humanité.

Mais cela ne fut pas suffisant. Alors que le Pape, avec l’Encyclique, prenait la défense de l’Eucharistie, la réduction symbolique avait pénétré dans l’Eglise, et l’on en voyait le premier effet, et le plus visible : le déplacement du Tabernacle, du centre de l’autel. Le motif apparent était précisément le « conflit des signes » entre Présence Permanente et Sacrifice de la Messe. Ce conflit apparent, avec les conséquences qui en découlent, est arrivé jusqu’à nous. Que faire ?

Il faut expliquer que le Christ est « toujours présent dans son Eglise (SC n. 7; CCC n. 1088), spécialement dans les Espèces Eucharistiques, dans lesquelles il l’est par antonomase, c’est-à-dire de manière corporelle et substantielle, comme Dieu et comme homme, tout entier et sans interruption. La formule classique toujours valable est la suivante : Corps, Sang, Ame et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est le Très Saint-Sacrement (cf. MF in EM n. 10).

On doit aussi expliquer que, dans les Sacrements, Il est présent avec sa « force » ou puissance. En troisième lieu, on doit mettre en lumière que, dans le prêtre qui célèbre, dans l’Eglise réunie en prière, dans la Parole proclamée, Il est présent en esprit. Et donc, il n’y a pas des présences multiples, mais une unique présence permanente qui est, par définition, la Présence Eucharistique (SC n. 7; CCC nn. 1373-1374).

Dans le même temps, une autre théorie s’est répandue : la mise sur un pied d’égalité de la présence de Jésus-Christ dans le Très Saint-Sacrement et de la présence de Sa Parole. Et pourtant, le Concile Vatican II déclare qu’il y a présence du Christ dans la Parole « quand, dans l’église on lit la Sainte Ecriture » (SC n. 7), c’est-à-dire, à deux conditions : quand la Lecture est faite dans l’église, - la réalité composée de la hiérarchie et des fidèles – et non pas de manière privée, et quand « on lit » la Sainte Ecriture : il ne suffit donc pas qu’il y ait le livre sacré sur l’ambon ou sur l’autel. (Ou, désormais, en n’importe quel autre lieu, comme devant, voire même au-dessus, du tabernacle, ou au pied des statues.

La présence dans la Parole est liée à l’usage, elle est une présence « morale » liée à un acte de l’esprit, à la condition spirituelle de l’individu, et limitée dans le temps. Alors que la présence dans le Sacrement Eucharistique est substantielle et permanente. Et c’est pourquoi il est particulièrement important de rappeler le rapport dont il faut absolument tenir compte, et dans le même temps asymétrique, existant entre Parole et Eucharistie (cf. “Dei Verbum” n. 21, avec la note explicative indispensable)

En conclusion, on ne peut continuer à affirmer que la Présence Réelle dans l’Eucharistie est « liée à l’usage » et « finit avec lui », que c’est une question de degré et non pas de substance, sans tomber dans une grave erreur doctrinale. Récemment, après avoir opposé l’ecclésiologie de Vatican II à celle de Trente, on a encore écrit et parlé de présences et de gradualités différentes, en déplorant que la présence sacramentelle continue à être comprise de manière ontologique : ils ont sans doute oublié que Paul VI a déjà défini que, après la transsubstantiation, le pain et le vin « acquièrent une signification nouvelle et une fin nouvelle étant donné qu’ils contiennent une ‘réalité nouvelle’, que nous appelons à juste titre ontologique » (“Mysterium Fidei” n. 47).

Et ainsi, la présence de Jésus-Christ précède » l’assemblée liturgique, comme la colonne de feu qui précédait le peuple de Dieu en chemin, et « demeure » au-delà de l’assemblée, et « n’est pas produite » par l’assemblée.

(Agence Fides, 10 juillet 2008)
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