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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Interdiction des homélies dialoguées et de la communion assise

dominicanus #Il est vivant !

L'ancien rite néocatéchuménal de la messe est hors-la-loi

C'est ce qu'établissent les nouveaux statuts imposés par le Vatican aux communautés fondées par Kiko. Interdiction de communier assis autour d'une table. Interdites également les homélies dialoguées

par Sandro Magister

 


ROMA, le 23 juin 2008 – Nouveaux statuts pour le Chemin Néocatéchuménal. Des statuts définitifs, approuvés par les autorités du Vatican le 11 mai dernier, fête de la Pentecôte. Ils ont été remis officiellement il y a dix jours par le cardinal Stanislaw Rylko, président du conseil pontifical pour les laïcs, à l’équipe internationale responsable du Chemin, composée de Francisco José (Kiko), Gómez Argüello (photo), Carmen Hernández et du père Mario Pezzi.

Les anciens statuts, qui datent du 29 juin 2002, avaient été approuvés à titre expérimental pour une durée de cinq ans. Ils étaient donc caducs depuis près d’un an quand les nouveaux statuts ont été approuvés.

On comprend ce retard en comparant les deux textes. Précisément à l’article 13, où les changements sont les plus flagrants.

Cet article concerne la célébration de la messe, qui provoque depuis l’origine le principal désaccord entre les néocatéchumènes et l’ensemble de l’Eglise catholique.

Font d’abord débat le moment et le lieu de célébration.

Les néocatéchumènes célèbrent la messe non pas le dimanche mais le samedi soir, en petits groupes, à l’écart de la communauté paroissiale. Comme chaque groupe néocatéchuménal correspond à une étape spécifique du Chemin, il célèbre sa propre messe, dans un lieu spécifique.

Viennent ensuite les modalités de la célébration.

Les néocatéchumènes célèbrent la messe sous forme de banquet, autour d’une grande table carrée. Ils communient assis. Par ailleurs, au cours de l’homélie, ils accordent une large part aux commentaires spontanés de l’assistance.

C’est en tout cas ainsi qu’ils procédaient il y a peu de temps encore et qu’ils continuent en partie à le faire.

Le 1er décembre 2005, le cardinal Francis Arinze, préfet de la congrégation pour le culte divin, leur rappelé par courrier, au nom du pape, qu’ils devaient observer fidèlement les règles liturgiques. Le 12 janvier 2006, Benoît XVI en personne les a exhortés à obéir. Mais, dans les faits, ce double rappel à l’ordre est resté le plus souvent lettre morte.

Le 22 février 2007, au cours d’une audience au clergé de Rome, Benoît XVI leur a fait comprendre que, s’ils n’obéissaient pas, leurs nouveaux statuts ne seraient pas approuvés.

Les pressions ont fini par porter leurs fruits. Les nouveaux statuts approuvés le 11 mai dernier obligent les néocatéchumènes à célébrer la messe en suivant les règles liturgiques générales du rite romain. Ils devront recevoir la communion debout. L’homélie ne pourra plus être remplacée par des interventions multiples. Leurs messes du samedi soir “feront partie de la pastorale liturgique dominicale de la paroisse“ et seront “ouvertes à d’autres fidèles“.

Seules concessions: ils pourront recevoir la communion “en restant à leur place“ et échanger le signe de paix avant l’offertoire plutôt qu’avant la communion. A noter cependant que cette dernière pratique existe déjà dans le rite ambrosien utilisé dans l’archidiocèse de Milan. Elle pourrait aussi être adoptée prochainement par le rite romain, comme Benoît XVI lui-même l’a laissé présager dans son exhortation post-synodale sur l’Eucharistie “Sacramentum Caritatis“.

Selon les nouveaux statuts, les communautés néocatéchuménales du monde entier devraient dès aujourd’hui se plier aux nouvelles règles pour la célébration de la messe.

Le Chemin Néocatéchuménal est né en Espagne en 1964. Il se dit présent dans 107 pays sur les cinq continents, avec 19 000 communautés dans 5 700 paroisses de 1 200 diocèses. Au total, il compte environ un demi-million de membres et dispose de 60 séminaires “Redemptoris Mater“ dans le monde entier. En Italie, il est actif depuis 1968 et compte 4 500 communautés dans 200 diocèses, pour environ 100 000 membres.

Après les nouveaux statuts, les “Orientations destinées aux équipes des catéchistes“ devraient aussi être publiées bientôt. Ces directives rédigées par les fondateurs, Kiko et Carmen, ont été examinées minutieusement par les autorités du Vatican et sortiront dans une édition corrigée.

On trouvera ci-dessous l’article relatif à la célébration de l’Eucharistie, dans les anciens et les nouveaux statuts, avec les notes correspondantes.


L'Eucharistie dans les anciens statuts de 2002...


ART.13

§ 1. L'Eucharistie est essentielle pour Néocatéchuménat, en tant que catéchuménat post-baptismal, vécu en petits groupes (46). L'Eucharistie complète en effet l'initiation chrétienne (47).

§ 2. Les néocatéchumènes célèbrent l'Eucharistie dans le cadre de leur petite communauté pour être progressivement initiés à la participation aux mystères divins pleine, consciente et active (48), selon l'exemple de Christ qui, lors de la multiplication des pains, fit s'asseoir les hommes "par groupes de cinquante" (Lc 9,14). Cette coutume, consolidée au sein du Chemin par plus de trente ans de pratique, est très féconde (49).

§ 3. Au vu d’“exigences spécifiques en termes de formation et de pastorale, en tenant compte du bien d’individus ou de groupes, et spécialement des fruits qui peuvent en résulter pour la communauté chrétienne toute entière“ (50), la petite communauté néocatéchuménale (51), avec l’autorisation de l’évêque du diocèse, célèbre l’Eucharistie du dimanche (52), ouverte aux autres fidèles, après les premières vêpres.

§ 4. Chaque célébration de l’Eucharistie est préparée, si possible sous la direction du Presbytère, à tour de rôle par un groupe de la communauté néocatéchuménale, qui prépare de courtes monitions pour les lectures, choisit les chants, fournit le pain, le vin, les fleurs et assure le décorum et à la dignité des signes liturgiques.

NOTES

(46) Cf. JEAN-PAUL II, Epist. Ogniqualvolta, le 30 août 1990: AAS 82 (1990) 1515: "C’est l'annonce de l'Évangile, le témoignage en petites communauté et la célébration eucharistique en groupes (cf. Notification sur les célébrations dans les groupes du "Chemin Néocatéchuménal" dans L'Oss. Rom., le 24 décembre 1988), qui permettent aux membres de se mettre au service du renouvellement de l'Église"; IDEM, Discours à 350 catéchistes itinérants du Chemin Néocatéchuménal, dans L'Oss. Rom., le 18 janvier 1994: "Tout cela est mis en œuvre dans de petites communautés, où ‘la réflexion sur la parole de Dieu et la participation à l'Eucharistie… forment des cellules vivantes de l'Église, restaurent la vitalité de la Paroisse grâce à des chrétiens mûrs, capables de témoigner de la vérité avec une foi vécue de manière radicale" (Message aux Évêques d'Europe réunis à Vienne, le 12 avril 1993)".

(47) Cf. OICA [Ordo Initiationis Christianae Adultorum], 36, 368.

(48) Cfr. CONCILE ŒCUMÉNIQUE VATICAN II, Const. Sacrosanctum Concilium, 48; CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ Directoire général pour la catéchèse, 85; S. LÉON LE GRAND, Sermo 12, De passione: “Notre participation au corps et au sang du Christ ne tend à rien d'autre qu’à nous transformer en ce que nous recevons, à nous faire revêtir en tout, dans le corps et dans l'esprit, de celui dans lequel sommes morts, nous avons été ensevelis et nous sommes ressuscités."

(49) De cette manière, on peut répondre aux exigences de l’homme contemporain: on valorise le dimanche, en évitant la dispersion propre au week-end, on éloigne les jeunes des discothèques le samedi soir et de la drogue, on permet à la famille de se réunir le dimanche à la maison pour une liturgie domestique – moment privilégié dans la transmission de la foi aux enfants – et aux fidèles les plus aguerris d'assister et animer la messe du dimanche dans les paroisses. Mais c’est surtout l’intensité de la participation de la petite communauté à la sainte Eucharistie qui stimule et soutient le changement moral et la multiplication des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse et missionnaire.

(50) JEAN-PAUL II, Lett. apost. Dies Domini, 36; cf. SACRÉE CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN, Instr. Actio Pastoralis de Missis pour coetibus particularibus : "Nous encourageons vivement les pasteurs d'âmes à examiner et approfondir la valeur de ces célébrations sur le plan de la spiritualité et de la formation."

(51) Cf. JEAN-PAUL II Discours à 350 catéchistes itinérants du Chemin Néocatéchuménal, dans L'Oss. Rom, le 18 janvier 1994: "Votre expérience de plusieurs années dans le Chemin vous aura certainement appris que la petite communauté, soutenue par la Parole de Dieu et par l'Eucharistie du dimanche, devient lieu de communion."

(52) Cf. Notification de la Congrégation pour le Culte Divin relative aux célébrations dans les groupes du Chemin Néocatéchuménal, dans L’Oss. Rom., le 24 décembre 1988: "La congrégation consent à ce que, parmi les adaptations prévues par l’instruction Actio pastoralis, n° 6-11, les groupes du susdit Chemin puissent recevoir la communion sous les deux espèces, toujours avec du pain azyme, et déplacer, 'ad experimentum', le rite de paix après la prière universelle". Suivant ce qui est indiqué dans l’Instruction Ecclesia de mysterio (art. 3, § 3), pour préparer l’assemblée à mieux accueillir l’homélie, le presbytère peut donner la possibilité, avec prudence, à l’une des personnes présentes d’exprimer brièvement ce que la Parole proclamée a dit à sa vie.


... et dans le nouveau statut de 2008


ART. 13

§ 1. L’Eucharistie est essentielle au Néocatéchuménat, en tant que catéchuménat post-baptismal, vécu en petite communauté (47). En fait l’Eucharistie complète l’initiation chrétienne (48).

§ 2. Les néocatéchumènes célèbrent l’Eucharistie dominicale dans leur petite communauté, après les premières vêpres du Dimanche. Cette célébration a lieu selon les dispositions prises par l’Evêque du diocèse. Les célébrations de l'Eucharistie des communautés néo-catéchuménales le samedi soir font partie de la pastorale liturgique dominicale de la paroisse et sont ouvertes également aux autres fidèles.

§ 3. Lors de la célébration de l'Eucharistie dans les petites communautés, on suivra les livres liturgiques approuvés par le Rite Romain, à l’exception des concessions explicites du Saint Siège (49). En ce qui concerne la distribution de la Sainte Communion sous les deux espèces, les néocatéchumènes la reçoivent debout, en restant à leur place.

§ 4. La célébration de l’Eucharistie dans la petite communauté est préparée à tour de rôle, sous la direction du Presbytère, par un groupe appartenant à la communauté néocatéchuménale. Il prépare de courtes monitions pour les lectures, fournit le pain, le vin, les fleurs, et assure le décorum et la dignité des signes liturgiques.

NOTES

(47) Cf. Jean-Paul II, Epist. Ogniqualvolta, 30 août 1990: AAS 82 (1990) 1515: "C’est l’annonce de l’Evangile, le témoignage en petites communautés et la célébration eucharistique en groupes (cf. Notification sur les célébrations dans les groupes du Chemin Néocatéchuménal dans L’Oss. Rom., 24 décembre 1988) qui permettent à ses membres de se mettre au service du renouvellement de l’Eglise"; IDEM, Discours à 350 catéchistes itinérants du Chemin Néocatéchuménal, dans L’Oss. Rom., 18 janvier 1994: "Tout cela est mis en œuvre dans de petites communautés, où 'la réflexion sur la parole de Dieu et la participation à l’Eucharistie... forment des cellules vivantes de l’Eglise, restaurent la vitalité de la Paroisse grâce à des chrétiens mûrs, capables de témoigner de la vérité avec une foi vécue de manière radicale' (Message aux Evêques d’Europe réunis à Vienne, 12 avril 1993)".

(48) Cf. OICA [Ordo Initiationis Christianae Adultorum], 36, 368.

(49) Cf. Benoît XVI, Discours aux Communautés du Chemin Néocatéchuménal du 12 janvier 2006: Notitiae 41 (2005) 554-556; Congrégation pour le Culte Divin, Lettre du 1er décembre 2005: Notitiae 41 (2005) 563-565; Notification de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements sur les célébrations dans les groupes du Chemin Néocatéchuménal, dans L’Osservatore Romano, 24 décembre 1988: "La congrégation consent à ce que, parmi les adaptations prévues par l’instruction Actio pastoralis, n° 6-11, les groupes du susdit Chemin puissent recevoir la communion sous les deux espèces, toujours avec du pain azyme, et déplacer, 'ad experimentum', le rite de la paix après la Prière universelle".



Le texte intégral du nouveau statut sur le site Internet du Chemin Néocatéchuménal (le site est en six langues mais le texte n’est disponible qu’en italien):

> Statuto del Cammino Neocatecumenale

Le décret d’approbation du Vatican

> "Il Cammino Neocatecumenale ebbe inizio..."



Les précédents articles de www.chiesa sur le Chemin Néocatéchuménal:

> Focus MOUVEMENTS CATHOLIQUES



Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(www.chiesa)
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Blog Reporter 01/01/2009 10:16

Bonjour,Merci d'avoir publié ma réponse.Les résonnances n'ont jamais remplacé l'homélie. Au contraire. Chaque prêtre s'évertue à prciser que la résonnance ne doit être que le témoignage de ce que la Parole de Dieu proclamée et écoutée à dit dans notre coeur à coeur avec Lui ou ce qu'elle a ecclairé sur notre vie personnelle. Elle est témognage personnel offeert aux frères et soeurs de communauté. Ensuite et seulement ensuite vient l'homélie dans laquelle le prêtre peut à son tour écclairer, préciser, insister sur tel ou tel point de la Parole du jour en fonction des résonnances afin que l'homélie soit au plus proche de la réalité quotidienne de chacun. C'est l'un des charismes donnés à cette communauté. D'autres communautés ont sans doute d'autres charismes que le Chemin peut être n'a pas pas. Mais ce charisme là est un don merveilleux. Le tout est que Notre bien aimé Seigneur, à travers les différents dons et réalités de Son Eglise, fasse cheminer Son peuple, un peuple où chacun peut trouver sa place en fonction de l'appel qu'il reçoit, de sa sensibilité (qui traditionnel, qui plus porté sur la louange...). Et le tout autour du successeur de Pierre, unique et nécessaire référence, unique et nécessaire point de discernement entre Dieu et nous. Et, me semble t il, cette réalité merveilleuse est une singularité catholique, un vrai cadeau du ciel, une grâce!Bonne année!PBPS Le mieux, pour se faire une idée concrête du Chemin me parrait d'aller tout simplement assister à une messe dans une paroisse à qui il est donné et, pourquoi pas, d'écouter une catéchèse. C'est, à mon avis, la meilleure façon de faire tomber ce qui ressemble plus à des préjugés (tellement humains), à des  ouï dire, qu'à la réalité même si, ne soyons pas dupes, tout n'est pas toujours rose. Mais c'est le propre de toute réalité. Chaque institution, quelle qu'elle soit, à ses "brebis galeuses". N'en jetons pas l'eau du bain avec le bébé pour autant. Sinon notre Sainte Eglise n'aurait plus droit de citer de nos jours.

dominicanus 01/01/2009 14:27


Merci poour vos voeux et vos précisions. Même remarque que dans ma réponse au commentaire n° 1. Je ne m'acharne nullement contre le Chemin. J'ai d'ailleurs mis en ligne un entretien avec son
initiatieur (*) ! Mais les réactions papales et vaticanes montrent que le Chemin doit encore ... faire du chemin. Il y a des réserves, qui sans être majeures, demandent un nouveau temps "ad
experimentum" avant l'approbation définitive des statuts.

(*) Kiko Argüello, Renouvellement du baptême, réponse à la sécularisation


Bonne et sainte Année dans la Paix et la Joie du Seigneur !


BlogReporter 31/12/2008 11:57

Pourquoi un tel acharnement contre un charisme de l'Eglise catholique reconnu comme étant inspiré par l'Esprit Saint par le Magistère, "instument valable d'évangélisation pour notre temps "(JP II)!!!Les adaptation par rapport au statut primitif (ad experimentum)sont minimes par rapport au contenu essentiel. Il ne s'agit que de "détails". Néanmoins, le partage d'expérience (résonnance) après la lecture de l'Evangile est maintenu, la communion autour de la table eucharistique également (même si elle se reçoit désormais debout). Votre observation n'est donc pas tout à fait exacte.Au lieu de nous tirer dans les pates et de faire oeuvre de division, oeuvrons plutôt ensemble pour l'Evangélisation unis dans un même corps dont Christ est la tête et Marie l'Epouse humble et fidèle. "Aimez vous les uns les autres commes je vous ai aimés : à ceci (et ceci seulement!) TOUS vous reconnaîtront comme mes disciples"PB

dominicanus 01/01/2009 07:58


La "résonnance" ne doit pas remplacer l'homélie, et la communion assise est bel et bien interdite. Ce n'est pas là un acharnement contre un charisme de l'Eglise catholique.


fdo 06/08/2008 10:19

1. Il y a calomnie lorsque l'on colporte des choses fausses à propos de quelqu'un. Dans mon billet, j'ai bien montré que Sandro Magister déforme la réalité. Il y a du vrai dans ce qu'il dit, mais il le dit d'une manière dénigrante et erronée. Il aurait pu être moins pessimiste et titrer "les nouveaux statuts : la fin de la polémique liturgique". Il aurait pu expliquer que depuis les lettres du cardinal Arinze il y a eu des changements (récitation du Credo et de l'Agnus dei) et que ces statuts sont un contrat entre le néocatéchuménat et le vatican, qu'il n'y a aucune raison qu'ils ne respectent pas un contrat qu'ils ont rédigé et signé. Pourquoi tant de hargne à déprécier le néocat ?2. Sandro Magister et le Magistère de l'Eglise n'emploient pas les mêmes termes : dans un cas il y a calomnie, pas dans l'autre.3. Le pape évoque saint François. Quelle chance ont eu ses premiers compagnons, ses premiers auditeurs, de ne pas avoir eu à subir la polémique médiatique que subissent ceux que Henri Tincq appelle les "fantassins". Quelle chance de n'avoir pas connu l'ère des blogs sinon les dominicains s'en seraient donné à coeur joie pour les critiquer... Je plaisante bien sur.4. Vous confondez le "problème" général de la liturgie (s'il n'y a que cela...) et la question particulière du Moyen Orient. Les évêques de Palestine ont écrit une véritable "lettre de mission" au néocat pour tenir compte des particularités de leur église (romaine certes, mais avec des règles et coutumes propres). Là où vous voyez une mise au pas, je vois plutôt une mise au clair des attentes de ces évêques envers des immigrés qui, partout, font un effort pour apprendre la langue et les coutumes (cela prend du temps).

dominicanus 06/08/2008 21:41


Je publie d'autant plus volontiers votre nouvelle réaction qu'elle n'est pas dénuée d'un certain sens (ou d'un sens certain) de l'humour.

Pour ma part, et sans souscrire enièrement à votre jugement concernant Sandro Magister, je vous assure qu'il n'y a dans mes intentions pas la moindre trace de vouloir calomnier ou dénigrer le
Chemin Néocatéchuménal. Dans mes prières, je forme pour lui mes meilleurs voeux pour un heureux mariage et ... pour beaucoup d'enfants.


fdo 04/08/2008 14:22

Une réponse s'impose à ce billet qui est calomnieux (voir mon blog).

dominicanus 06/08/2008 05:47


Affirmer que le billet est calomnieux, ce serait tomber soi-même dans le travers qu'on veut dénoncer. Personne ne peut nier l'existence d'un problème qui, espérons-le, sera réglé par l'approbation
des nouveaux statuts.

Pour se rendre compte qu'un problème existait bel et bien, il suffit de relire les interventions de Benoît XVI et des évêques de Terre Sainte ci-dessous ... à moins que de déclarer que ces propos
sont eux-mêmes calomniateurs aussi.

J'ajoute que j'ai mis en ligne sur ce blog également une interview avec lInitiateur du Chemin néocatéchuménal, mettant ainsi en pratique la double attitude préconisée par notre Saint-Père, le Pape
Benoît XVI :

Kiko Argüello, Renouvellement du baptême, réponse à la sécularisation



1. Ce qu’a dit Benoît XVI

Extrait de l’entretien du pape avec le clergé de Rome du 22 février 2007


[...] Je reçois ces mois-ci les évêques italiens en visite "ad limina". [...] Certains sont critiques et affirment que les mouvements ne s’intègrent pas. [...] Je pense que nous avons deux règles
fondamentales. La première nous a été donnée par saint Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens: n’éteignez pas les charismes. Si le Seigneur nous offre de nouveaux dons, nous devons en
être reconnaissants, même s’ils sont parfois gênants. Et la naissance de nouvelles formes de vie dans l’Eglise est une belle chose, comme elle l’a d’ailleurs été depuis des siècles.

Elles ont toutes été gênantes au départ : même Saint François était très gênant et il était très difficile pour le pape de donner une forme canonique à une réalité qui dépassait largement les
règles juridiques. Pour Saint François, accepter de se laisser coincer dans ce carcan juridique représentait un énorme sacrifice, mais à la fin, une réalité est née, qui vit encore aujourd’hui et
qui vivra demain. Cette réalité donne de la force et de nouveaux éléments à la vie de l’Eglise.

Des mouvements sont nés au cours de tous les siècles. [...] Ils s‘insèrent dans la vie de l’Eglise non sans souffrance et sans difficultés. Saint Benoît lui-même a dû revoir l’orientation initiale
du monachisme. A notre époque aussi, le Seigneur, l’Esprit Saint, nous a donné de nouvelles initiatives avec de nouveaux aspects de la vie chrétienne. Comme elles sont vécues par des êtres humains
qui ont leurs limites, elles apportent aussi leur lot de difficultés.

Première règle, donc: ne pas éteindre les charismes, leur être reconnaissant même s’ils sont gênants. La seconde règle est la suivante : l’Eglise est une; si les mouvements sont réellement des dons
de l’Esprit Saint, ils s’intègrent et servent l’Eglise. Naît alors du dialogue patient entre pasteurs et mouvements une forme [...] sur laquelle peut s’appuyer l’Eglise d’aujourd’hui et de
demain.

Ce dialogue se fait à tous les niveaux. Le curé, l’évêque et le successeur de Pierre sont à la recherche des structures favorables. Dans de nombreux cas, elle a déjà porté ses fruits. D’autres cas
sont encore à l’étude. Par exemple, la question est de savoir si, après cinq années d’expérience, il faut confirmer de manière définitive les statuts du Chemin Néocatéchuménal, s’il faut prolonger
la période d’essai ou s’il est peut-être nécessaire de réviser certains éléments de cette structure.

Quoi qu’il arrive, je connais les Néocatéchumènes depuis le début. La route a été longue, avec beaucoup de complications qui existent encore aujourd’hui, mais nous avons trouvé une forme ecclésiale
qui a déjà beaucoup amélioré le rapport entre les pasteurs et le Chemin. Continuons ainsi! Cela vaut aussi pour les autres mouvements.

Pour faire la synthèse des deux règles fondamentales, je dirais : gratitude, patience et acceptation des souffrances, qui sont inévitables. Dans un mariage aussi, il y a toujours des souffrances et
des tensions et pourtant les époux continuent à avancer et s’est ainsi que mûrit le véritable amour. Il en va de même dans la communauté de l’Eglise: soyons patients ensemble. Les différents
niveaux de la hiérarchie – le curé, l’évêque, le pape, doivent échanger continuellement leurs idées, promouvoir le dialogue pour trouver ensemble le meilleur chemin. Les expériences des curés sont
fondamentales, mais celles des évêques et la vision universelle du pape ont également une place théologique et pastorale dans l’Eglise […].




2. La lettre des évêques de Terre Sainte

Jérusalem, le 25 février 2007


Frères et Sœurs du Chemin Néocatéchuménal,

1. La paix et l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous. Nous, Ordinaires catholiques de Terre Sainte, vous adressons cette lettre au début du Carême, dans le cadre du plan
pastoral commun pour cette année, qui a comme thème la catéchèse et l’éducation religieuse dans les paroisses.

Frères et Sœurs du Chemin, vous êtes les bienvenus dans nos diocèses. Nous remercions Dieu de la grâce que le Seigneur vous a donnée et du charisme que le Saint-Esprit a répandu dans l’Eglise à
travers votre ministère de la formation post-baptismale. Nous vous sommes reconnaissants de votre présence dans certaines de nos paroisses, de votre prédication de la parole de Dieu, de l’aide que
vous offrez à nos fidèles dans l’approfondissement de leur foi et dans leur enracinement dans leurs églises locales, en "une synthèse de prédication kérygmatique, de changement de vie et de
liturgie" (Statuts, Art.8).

A la suite de la lettre que le pape Benoît XVI vous a adressée le 12 janvier 2006 et de celle de la congrégation pour le culte divin du 1er décembre 2005, nous vous demandons de prendre place au
cœur de la paroisse dans laquelle vous annoncez la parole de Dieu, en évitant de constituer un groupe à part. Nous voudrions que vous puissiez dire avec Saint Paul: "Je me suis fait l’esclave de
tous afin d’en gagner le plus grand nombre" (1 Corinthiens, 9, 19).

Le principe auquel nous devons rester fidèles tous ensemble et conformer notre action pastorale devrait être "une paroisse et une eucharistie". Votre premier devoir est donc, si vous voulez aider
les fidèles à grandir dans la foi, de les enraciner au coeur des paroisses et des traditions liturgiques dans lesquelles ils ont été élevés depuis des générations.

En Orient, nous tenons beaucoup à notre liturgie et à nos traditions. La liturgie a grandement contribué à conserver la foi chrétienne dans nos pays tout au long de l’histoire. Le rite est une
sorte de carte d’identité et pas seulement une manière de prier parmi d’autres. Nous vous prions d’avoir la charité de comprendre et de respecter l’attachement de nos fidèles à leurs liturgies
propres.

2. L’Eucharistie est le sacrement de l’unité dans la paroisse, pas celui de la division. C’est pourquoi nous demandons que les célébrations eucharistiques dans tous les rites orientaux, ainsi que
dans le rite latin, soient toujours présidées par le curé ou, dans le cas du rite latin, en plein accord avec lui. Célébrez l’Eucharistie avec la paroisse et selon le rite de l’Eglise locale. "Là
où est l’évêque, là est l’Eglise", a écrit Saint Ignace d’Antioche. Enseignez aux fidèles l’amour de leurs traditions liturgiques et mettez votre charisme au service de l’unité.

3. Nous vous demandons aussi de vous mettre sérieusement à l’étude de la langue et de la culture de la population. Ce sera une marque de respect envers elle et un moyen de comprendre son esprit et
son histoire, dans le contexte de la Terre Sainte: pluralisme religieux, culturel et national. De plus, dans nos pays, Palestine, Israël, Jordanie, tout le monde est à la recherche de la paix et de
la justice, une recherche qui fait partie intégrante de notre vie de chrétiens. Chaque prédication devrait guider nos fidèles quant aux attitudes concrètes qu’ils doivent prendre dans les
différentes situations de la vie, notamment dans la situation de conflit qui perdure en Palestine: d’une part, une attitude de pardon et d’amour envers l’ennemi, et d’autre part une exigence de
respect des droits de chacun, particulièrement la dignité, la liberté et la justice.

Nous vous demandons de prêcher un Evangile inscrit dans la vie, un Evangile qui éclaire tous les aspects de la vie et qui enracine les fidèles en Jésus-Christ Ressuscité et dans tout leur contexte
humain, culturel et ecclésial.

Nous demandons à Dieu de remplir vos cœurs de sa force et de son amour et de vous donner sa grâce pour que vous puissiez remplir les cœurs des fidèles de son amour et de sa force.

+ Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem;
+ Elias Shakour, archevêque grec melkite catholique d’Acre, de Haïfa, de Nazareth et de toute la Galilée;
+ Georges El Murr, archevêque grec melkite catholique de Philadelphie, de Petra et de Jordanie;
+ Paul Sayyah, archevêque maronite de Haïfa et de Terre Sainte, exarque patriarcal maronite de Jérusalem, des Territoires Palestiniens et de Jordanie;
+ Fouad Twal, évêque coadjuteur latin, Jérusalem;
+ Kamal Bathish, évêque auxiliaire latin, Jérusalem;
+ Selim Sayegh, vicaire patriarcal latin pour la Jordanie;
+ Giacinto-Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal latin pour Israël;
+ Pierre Melki, exarque patriarcal syro-catholique de Jérusalem, de Terre Sainte et de Jordanie;
+ Georges Bakar, exarque patriarcal grec melkite catholique de Jérusalem;
+ Raphaël Minassian, exarque patriarcal arméno-catholique de Jérusalem, de Terre Sainte et de Jordanie.


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