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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Euro 2008 : de l’ennui et des nations

dominicanus #actualités


Chaque épreuve de football suscite des passions (sic) et des commentaires innombrables, chacun se prenant tour à tour pour le gardien de but imperturbable, l’attaquant maladroit ou le sélectionneur inapte. Je ferais donc les miens, en commençant par l’équipe plurielle de l’hexagone, et qui a perdu aux poings et aux coups de pied arrêtés.

Dans le domaine du jeu, nous avons été gâtés par un sélectionneur incapable et cynique, digne de la classe politique post-moderne qui est arrivée partout et en même temps au pouvoir. Domenech nous aura ennuyés à mourir, comme en 2004 et 2006, mais sans Zidane. Et il s’en fout, en profitant au passage pour annoncer son mariage avec non pas une top-model mais une journaliste de M6, devant la presse (italienne) habituée á Berlusconi et pourtant éberluée.

Dans le cas de l’Italie, nous sommes tombés sur une équipe championne du monde navrante d’ennui. Les Italiens ont surélevé le mur de leur défense, perdu leur vivacité technique et nous emmenés pour la millième fois de leur histoire aux penalties : comme au cours de l’euro 80, de l’euro 2000, comme au cours des Mondials 2002, mais aussi 1998, 1994 et 1990… une paille pour un pays quatre fois champion du monde. Pendant ce temps de l’autre côté de l’Atlantique le Brésil s’effondre et pourrait ne pas se qualifier pour le Mondial sud-africain. Mais le Brésil devient riche grâce à l’éthanol et à sa forêt plus très vierge. N’est-ce pas le plus important ?

Cette histoire de penalties avait suscité des commentaires passionnants à Jean Baudrillard en 1990, dans « La Guerre du Golfe n’aura pas lieu » (Libération, 4 janvier 1991). Je renverrai à ces textes sur cette passion pour le néant ou pour l’absence de spectacle qui caractérise notre époque. L’ennui est devenu la clé du divertissement.

La marche turque. Je n´aurais pas été surpris que les Turcs, qui avaient passé l’équipe suisse victorieuse à tabac au cours des qualifications du mondial 2006, remportent ce championnat d’Europe, sur ordre divin, pétrolifère ou autre, et que nous les fassions du même coup rentrer dans l’Union européenne. Les Allemands ont si mal joué la demi-finale que j´entendais en voix off la commission de Bruxelles leur commandant de perdre... Mais enfin, ce sont des hommes de devoir et ils ont mis leurs adversaires à la sublime porte de l´Europe.

L’affaire Hiddink. Guus Hiddink est une bonne affaire pour les sélections nationales, et le football est une bonne affaire pour Guus Hiddink. Il avait touché trois millions d’euros pour entraîner les Sud-Coréens, il touchera au moins deux millions et demi de dollars pour entraîner la brave et jeune équipe russe. On me dira qu’il mérite ce salaire de star (de plus en plus de gens touchent des salaires de stars, vu le cours du dollar), et je n’en doute pas une seconde. Le hic c’est que cette star de la mondialisation est poursuivie pour fraude fiscale dans son propre pays, la Hollande, qu’il a éliminé de ses propres neurones et des pieds des cosaques. La vengeance d’un contribuable…

Langue. J’ai aussi été frappé par la pub permanente : No to racism. D’abord on devrait l’imposer plutôt au Zimbabwe ou en Afrique du sud, car c’est là-bas que l’on tue d’autres races et ethnies, pas en Europe (l’Europe se contente de vouloir emprisonner dix-huit mois ou expulser avec âmes et bagages les chrétiens d’Amérique du sud qu’elle a envahis et volés il y a des siècles). Ensuite on devrait l’écrire dans une autre langue que l’anglais, attendu qu’il n’y avait même pas une équipe anglophone dans cet Euro post-historique. Ce problème de la langue est d’ailleurs pour moi la clé de l’échec de la construction européenne. Quand on n’a pas le talent polyglotte de Guuus Hiddink, il vaut mieux imposer comme langue scolaire une langue unique, fût-elle le latin, le français ou l’esperanto.

Espagne. Enfin nous pouvons féliciter l´Espagne et son entraîneur, Luis Aragones, pour l´excellence de son jeu et sa ténacité morale. Sous les yeux de l´héritier du trône et son épouse, elle aussi journaliste de télé, elle a joué un tournoi modèle, et la France devrait en prendre exemple. Gageons qu´elle ne le fera pas.

Nicolas Bonnal

(Décryptage)
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