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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Invitation au Christocentrisme

dominicanus #Il est vivant !

Rome (Agence Fides) - L’insistance, souvent unilatérale, à partir de l’élément humain et de son caractère central, y compris pour « faire de la théologie », plonge ses propres racines dans un rapport mal compris, presque d’opposition, entre les aspirations légitimes de l’homme, auxquelles il ne peut absolument pas renoncer, et les « demandes » de Dieu qui ne sont pas moins légitimes.

    Paradoxalement, près de deux mille ans de Christianisme n’ont pas encore immunisé suffisamment l’homme et sa pensée sur Dieu, contre la tentation de se concevoir en « opposition » à son propre Créateur, comme si la pleine réalisation de soi-même, son propre accomplissement humain, devaient ou pouvaient se réaliser « contre », ou « sans » Dieu. Dans la doctrine catholique, cette tentation a un nom très ancien, peut-être un peu oublié dans certaines prédications, mais qui est central pour élaborer n’importe quel discours théologique, anthropologique, et moral : il a pour nom, le péché originel.

    La réflexion sur cette donnée doctrinale, amplement présentée dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (numéros 396-409), invite à montrer comment chaque « tournant anthropologique », qui prétend refonder la théologie en partant uniquement de l’homme, ou d’affirmer l’homme et ses exigences, « contre » les prétendues « prétentions » de Dieu, risque de manière presque inexorable de se transformer en un « tournant anthropocentrique » qui place l’homme, solitaire, au centre du cosmos, en en exploitant l’ouverture naturelle au Mystère infini.

    Au contraire, le Christocentrisme, comme on l’appelle, part de l’unique point de l’histoire dans lequel le caractère conflictuel entre l’homme et Dieu, est totalement dépassé, tant en lui-même, que comme effet salvifique unique et universel du sacrifice rédempteur du Christ Seigneur, dont les « fruits » sont offerts à la liberté de tous les hommes, et que, en conséquence, il est pour tous les hommes.

    Il serait très intéressant si, de nombreuses années après le « tournant anthropologique », l’on pouvait avoir enfin un grand « tournant Christologique », et même Christocentrique ! Le Concile Œcuménique Vatican II a certainement invité toute l’Eglise à parcourir cette voie ; et le Magistère récent des Pontifes, celui de Jean Paul II, celui de Benoît XVI invite constamment la pensée, la vie, et le cœur des fidèles à reconnaître et à faire sien ce caractère central.

    Redécouvrir Jésus de Nazareth Seigneur et Christ, comme vrai centre de l’histoire de l’humanité, de la vie de l’Eglise et, comme conséquence nécessaire (et à la fois cause), de la vie de chacun chrétien, serait la véritable « tournant anthropologique ». L’homme en serait éclairé en profondeur, consolé, libéré : en un mot, il pourrait une expérience effective de ce salut que le Christ nous a gagné, et qui est offert à la liberté de chacun ; et, en même temps, la théologie elle-même pourrait retrouver sa vocation originelle, présente de manière très lumineuse chez les Pères de l’Eglise, d’exposition des mystères du salut, de manière accessible et salutaire, pour l’intelligence de la vie elle-même. Personne d’autre que le Christ lui-même ne tient autant à l’homme : le Christocentrisme est le véritable « tournant anthropologique » de l’histoire. Jamais l’homme n’a été ainsi « au centre », comme il l’est avec le Christ Seigneur.

(Agence Fides, 26 juin 2008)
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