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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Saint Augustin, La résurrection de Lazare (6)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
24. "Ils enlevèrent donc la pierre, et Jésus, élevant les yeux en haut, dit: Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez exaucé. Pour moi, je savais bien que vous m'exaucez toujours; mais je l'ai dit à cause du peuple qui m'entoure, afin qu'ils croient que vous m'avez envoyé. Ayant dit "ces mots, il cria à haute voix". Il frémit, il pleure, il crie à haute voix. Qu'il a de peine à se lever celui qu'oppresse le poids d'une, mauvaise habitude! Cependant il se lève; une grâce cachée lui rend intérieurement la vie; il se lève après avoir entendu ce grand cri,. Qu'arriva-t-il ensuite? "Il s'écria à haute voix: Lazare, viens dehors. Et soudain le mort sortit, ayant les mains et les pieds liés avec des bandes et le visage enveloppé d'un suaire". Tu t'étonnes qu'il ait marché les pieds liés, et tu n'es pas étonné qu'il soit ressuscité après quatre jours? En ces deux faits agissait la puissance de Dieu, et non les forces du mort. Il marcha, et il était encore lié; il était encore enveloppé, et cependant il sortit du tombeau qu'est-ce que cela signifie? Quand tu violes la loi, tu es étendu mort; et si tu la violes en choses graves, comme j'ai dit plus haut, tu es enseveli; quand tu confesses tes péchés, tu sors. Qu'est-ce, en effet, que sortir, sinon sortir d'un lieu caché et se montrer? Mais que tu confesses tes fautes, c'est Dieu qui le fait en te criant à haute voix, c'est-à-dire en t'appelant par une grande grâce. C'est pourquoi le mort qui s'avance encore lié, c'est le pécheur qui se confesse, mais qui est encore coupable; et pour que ses péchés soient remis, le Seigneur dit à ses ministres: "Déliez-le et laissez-le aller". Que veut dire: "Déliez-le et laissez-le aller? Ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel (Mt 16, 19)".

25. "Plusieurs donc d'entre les Juifs qui étaient vénus vers Marie et avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui; mais quelques-uns d'entre eux s'en allèrent vers les Pharisiens, et leur dirent ce qu'avait fait Jésus". Tous ceux des Juifs qui étaient venus vers Marie ne crurent pas; et cependant il y en eut beaucoup pour croire. "Mais quelques-uns d'entre eux", soit de ceux qui s'étaient rassemblés, soit de ceux qui avaient cru, "s'en allèrent vers les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus"; soit en leur annonçant ce prodige, pour les amener à croire eux-mêmes, soit plutôt pour le trahir et afin que les Pharisiens le poursuivissent. Mais n'importe par qui et de quelle manière la chose se fit, ce qui s'était passé fut rapporté aux Pharisiens.

26. "Les Pontifes et les Pharisiens assemblèrent le conseil, et ils disaient: Que faisons-nous?" Ils ne disaient pas: Croyons, car ces hommes perdus, songeaient bien plus à nuire à Jésus et à le perdre qu'à prévoir comment. ils éviteraient de périr eux-mêmes. Toujours est-il qu'ils craignaient et semblaient pourvoir à l'avenir. "Ils disaient" donc: "Que faisons-nous? car cet homme opère beaucoup de miracles; si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et ils nous extermineront, nous et notre ville". Ils craignaient de perdre les biens temporels, et ils ne pensaient pas à s'assurer la vie éternelle; et ainsi ont-ils perdu l'une et l'autre. Car, après la passion et la glorification du Seigneur, les Romains leur enlevèrent et leur ville qu'ils prirent d'assaut, et leur nation qu'ils transportèrent ailleurs, et à eux s'applique ce qui a été dit en un autre endroit: "Les enfants de ce royaume iront dans les ténèbres extérieures (Mt 8, 12)". Le sujet de leur crainte était que si tous croyaient en Jésus-Christ, il ne restât personne pour défendre la cité de Dieu et le temple contre les Romains; car ils pensaient que la doctrine de Jésus-Christ allait contre le temple et contre les lois de leurs pères.

27. "Mais l'un d'eux, Caïphe, le grand "prêtre de cette année, leur dit: Vous n'y connaissez rien, et vous ne considérez pas qu'il vous est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse point. Or, il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand prêtre de cette année, il prophétisa". Par là, nous apprenons que même les hommes méchants peuvent par l'esprit de prophétie annoncer les choses à venir. Cependant l'Evangéliste attribue ce dernier fait à un mystère tout divin; car, dit-il, il était Pontife, c'est-à-dire grand prêtre. On peut se demander comment il est appelé Pontife de cette année, car Dieu n'avait établi qu'un seul grand prêtre qui, à sa mort, ne devait avoir qu'un seul successeur. Mais il faut croire que, par suite de l'ambition et des rivalités qui surgirent parmi les Juifs, il fut établi dans la suite qu'ils seraient plusieurs, et qu'ils exerceraient leurs fonctions à leur tour et chacun pendant une année. C'est ce qui est dit à propos de Zacharie: "Or il arriva, lorsque Zacharie remplissait en son rang les fonctions du sacerdoce devant Dieu, selon la coutume établie parmi les prêtres, que le sort décida qu'il offrirait l'encens dans le temple du Seigneur (Lc 1, 8-9)". Par là il paraît qu'ils étaient plusieurs, et qu'ils avaient leur tour. Car il n'était permis qu'au grand prêtre d'offrir l'encens (Ex 30, 7). Et peut-être pour la même année étaient-ils plusieurs qui remplissaient ces fonctions, auxquels d'autres succédaient pour l'année, et parmi eux, le sort désignait-il celui qui devait offrir l'encens? Que prophétisa donc Caïphe? "Que Jésus devait mourir pour la nation; et non-seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler les enfants de Dieu qui étaient dispersés". Ces derniers mots ont été ajoutés par l'Evangéliste; car Caïphe, dans sa prophétie, n'a parlé que de la nation juive, où se trouvaient ces brebis dont le Seigneur dit lui-même: "Je n'ai été envoyé que vers les brebis perdues de la maison d'Israël (Mt 15, 24)". Mais l'Evangéliste savait qu'il y avait d'autres brebis qui n'étaient pas de ce bercail, et qu'il fallait réunir, aria qu'il n'y eût qu'un seul bercail et un seul pasteur (Jn 10, 16). Mais tout cela doit s'entendre par rapport à la prédestination; car ceux qui n'avaient pas encore cru, n'étaient encore ni les brebis ni les enfants de Dieu.

28. "A partir de ce jour, ils pensèrent donc à le mettre à mort. C'est pourquoi. Jésus n'allait plus en public parmi les Juifs; mais il s'en alla dans le pays qui est près du désert, en une ville appelée Ephrem, et là il demeurait avec ses disciples". Le motif de sa conduite n'était point la disparition de sa puissance. Certes, s'il l'eût voulu, il aurait vécu publiquement au milieu des Juifs, et ils ne lui auraient fait aucun mal; mais, dans cette faiblesse apparente de son humanité, il montrait à ses disciples l'exemple qu'ils devaient suivre: il leur prouvait que, pour les fidèles qui sont ses membres, il n'y aurait point de péché à se dérober aux yeux de leurs persécuteurs, et à éviter leur fureur criminelle, en se cachant, plutôt qu'à l'allumer davantage, en se présentant devant eux.
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