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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Saint Augustin, La résurrection de Lazare (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
15. "Celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais". Qu'est-ce à dire? "Celui qui croit en moi, quand même il serait mort", comme Lazare, "il vivra"; parce que le Christ n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Déjà, au sujet des patriarches morts depuis longtemps, c'est-à-dire, d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, il avait fait aux Juifs la même réponse: "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants; car tous vivent pour lui (Mt 22, 32 ; Lc 20, 37-38)". Crois donc, et quand tu serais mort, tu vivras; mais si tu ne crois pas, quoique tu sois vivant, tu es réellement mort. Prouvons que si tu ne crois pas, quoique tu sois vivant, tu es réellement mort. Quelqu'un différait de suivre le Seigneur et s'excusait en disant: "Je vais d'abord ensevelir mon père". "Laisse a, dit le Seigneur, "laisse "les morts ensevelir leurs morts; pour "toi, viens et suis-moi (Mt 8, 21-22)". Il y avait donc un mort à ensevelir, il y avait aussi des morts qui devaient ensevelir ce mort: l'un était mort dans son corps, les autres dans leur âme. D'où vient la mort dans l'âme? De ce que la foi n'y est plus. D'où vient la mort dans le corps? De ce que l'âme n'y est plus. Donc, l'âme de ton âme, c'est la foi. "Celui qui croit en moi", dit le Seigneur, "quand il serait mort" dans son corps, "vivra" dans son âme, jusqu'à ce que le corps lui-même ressuscite pour ne plus mourir; c'est-à-dire: "Celui qui croit en moi", quoiqu'il meure, "vivra"; et "quiconque vit" dans son corps "et croit en moi", bien qu'il doive mourir pour un temps à cause de la mort du corps, "ne mourra pas pour l'éternité", à cause de la vie de l'esprit et de l'immortalité que donnera la résurrection. C'est là ce que veut dire Jésus: "Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas pour l'éternité. Crois-tu cela? Elle lui répondit: Oui, Seigneur, j'ai cru que vous êtes le Christ Fils de Dieu, qui êtes venu dans le monde". En croyant cela, j'ai cru que vous êtes la résurrection, j'ai cru que vous êtes la vie; j'ai cru que celui qui croit en vous, bien qu'il meure, vivra, et que celui qui vit et croit -en vous ne mourra pas pour l'éternité.

16. "Et quand elle eut dit cela, elle s'en alla, et appela Marie, sa soeur, en silence, disant: Le Maître est ici et il t'appelle". Il faut remarquer comment l'Evangile, pour indiquer une parole dite à voix basse, se sert du mot "silence". Comment, en effet, a-t-elle gardé le silence, puisqu'elle a dit: "Le "Maître est ici, et il t'appelle?" Il faut aussi remarquer que l'Evangéliste ne dit ni où, ni quand, ni comment le Seigneur appela Marie; mais il nous le fait comprendre par les paroles de Marthe, afin d'abréger son récit.

17. "Dès que Marie eut entendu, elle se leva aussitôt et vint vers lui. Car Jésus n'était pas encore arrivé dans le bourg, mais il se tenait au lieu même où Marthe s'était présentée à lui. Les Juifs donc qui étaient avec Marie. dans la maison, et la consolaient, quand ils virent qu'elle s'était levée a si promptement et qu'elle était sortie, la suivirent en disant: Elle va au tombeau pour y pleurer". Pourquoi l'Evangéliste a-t-il voulu nous raconter tout cela? C'est pour nous faire voir par quelle occasion ils se trouvèrent présents en grand nombre, quand Lazare fut ressuscité. Les Juifs pensant qu'elle ne se précipitait au dehors que pour chercher dans les larmes un soulagement à sa. douleur, la suivirent, et cela se faisait pour qu'un miracle aussi grand que la résurrection d'un mort de quatre jours eût un grand nombre de témoins.

18. "Mais quand Marie fut venue où était Jésus, en le voyant elle tomba à ses pieds et lui dit: Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort. Jésus donc, voyant qu'elle pleurait et que les Juifs qui étaient avec elle pleuraient aussi, frémit en son esprit et se troubla lui-même, et il dit: Où l'avez-vous déposé?" Je ne sais ce qu'il a voulu nous apprendre en frémissant dans son esprit, et en se troublant lui-même. Car d'où aurait pu venir son trouble, sinon de lui-même? C'est pourquoi, mes frères, remarquez d'abord sa puissance, et cherchez ensuite ce qu'il a voulu signifier. Tu te troubles même quand tu ne le veux pas: Jésus-Christ s'est troublé parce qu'il l'a voulu. Jésus a eu faim, c'est vrai; mais c'est qu'il l'a voulu. Jésus a dormi, c'est vrai; mais c'est qu'il l'a voulu. Jésus a été triste, c'est vrai; mais c'est qu'il l'a voulu. Jésus est mort, c'est vrai; mais c'est qu'il l'a voulu. Il était en son pouvoir d'éprouver ces affections ou de ne les pas éprouver. Le Verbe a pris une âme et un corps, s'appropriant ainsi la nature de l'homme tout entier, dans l'unité d'une seule personne. Car l'âme de l'Apôtre a été éclairée par le Verbe; l'âme de Pierre a été éclairée par le Verbe; l'âme de Paul, les âmes des autres Apôtres et des saints Prophètes ont été éclairées par le Verbe; mais d'aucune il n'a été dit: "Le Verbe s'est fait chair (Jn 1, 11)"; d'aucune il n'a été dit: "Mon Père et moi nous sommes un (Jn 10, 30)". L'âme et le corps de Jésus-Christ ne forment avec le Verbe de Dieu qu'une seule personne, un seul Christ; et par là, comme en lui réside la souveraine puissance, il dispose de la partie faible selon sa volonté; c'est pourquoi: "Il se troubla lui-même".

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