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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
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ANDREA CIONCI: LE CAS ETRANGE DE LA RENONCIATION DE BXVI. UNE NOUVELLE EXPLICATION

dominicanus #Benoit XVI, #actualités
ANDREA CIONCI: LE CAS ETRANGE DE LA RENONCIATION DE BXVI. UNE NOUVELLE EXPLICATION

Publié en italien par Marco Tosatti

Traduit de l'italien en anglais par Giuseppe Pellegrino

Traduction française autorisée : père Walter Covens

 


Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Giuseppe Pellegrino a traduit un article très intéressant d'Andrea Cionci, du quotidien italien Libero, sur la renonciation de Joseph Ratzinger. Andrea Cionci est historien de l'art et écrit sur l'histoire, l'archéologie et la religion. Il a fait des reportages au Liban et en Afghanistan. Vous trouverez d'abord le texte français, puis l'article original italien. Bonne lecture.

§§§


La "renonciation" a été intentionnellement mal rédigée par Ratzinger pour casser la banque

Un frère latiniste explique le vrai sens du texte latin qui a été falsifié par le Vatican

 Par Andrea Cionci

 

11 juin 2020 - Publié initialement dans Libero

Ces derniers jours, il y a eu une discussion sur Internet concernant la critique faite de la démission de Benoît XVI de la papauté par un latiniste franciscain italo-américain qui est expert en textes scolastiques et en argumentation canonique sur la démission papale. Frère Alexis Bugnolo, qui a traduit plus de 9000 pages de Saint Bonaventure à partir du latin original et qui maîtrise la langue de l'Église comme peu d'autres, a été interviewé sur YouTube par Decimo Toro.

Grâce à une lecture attentive du texte de la Declaratio de renonciation de Benoît XVI, suivant un fil rouge de logique, de droit canonique et de sens du latin original, le frère Bugnolo soutient que le texte a été écrit par Benoît, avec une habileté et une subtilité extrêmes, dans l'intention qu'il soit finalement découvert comme étant invalide. Ce faisant, Ratzinger a permis à la "Mafia de Saint-Gall", le lobby ecclésiastique maçonnique progressiste qui l'a forcé à abdiquer, à prendre le pouvoir à la hâte et à se montrer ainsi au grand jour. Benoît a démissionné de telle manière que tous les actes, nominations et changements de doctrine effectués par la "fausse église" puissent finalement être balayés d'un seul coup, précisément en raison de l'invalidité de sa renonciation à la papauté.

C'est pourquoi, selon le frère Bugnolo, le Vatican a délibérément falsifié les traductions de la Declaratio latine de Benoît, tentant de remédier à ses défauts intentionnels dans le texte original, mais démontrant en fait une nouvelle malveillance. Il y a quarante ans, Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger de l'époque savaient déjà, grâce au Troisième secret de Fatima, que le lobby maçonnique gay du clergé tenterait de prendre le pouvoir, et c'est pourquoi ils ont modifié le Code de droit canonique à temps, en mettant en place un système d'urgence pour "casser la banque" en cas d'usurpation. C'est, en substance, la thèse de Bugnolo.

Afin de prévenir les accusations selon lesquelles sa reconstitution des événements est une théorie du complot, frère Alexis ne cite que les documents du site web du Vatican que nous avons joints ci-dessous. Ils peuvent tous être consultés sur le site du Vatican.

Il est évident que le texte de la Declaratio de Benoît XVI contient un certain nombre d'énormes erreurs grammaticales, qui ont déjà été relevées en 2013 par d'éminents classicistes tels que Luciano Canfora et Wilfried Stroh. L'absence du pluriel de majesté "nos" qui est toujours utilisé dans les documents officiels est déjà surprenante, mais le Frère Bugnolo, qui a traduit plus de 9000 pages de Saint Bonaventure, a identifié quarante autres imperfections linguistiques : des erreurs dans la déclinaison de verbes, l'utilisation de "decisionem" au lieu du correct "consilium", "vobis" au lieu de "vobiscum", l'utilisation erronée de "explorata" pour dire "investigué", etc. La liste complète peut être consultée ici.

Mais le plus grand problème est la construction du texte de Ratzinger qui rend la renonciation papale invalide. Depuis sa réforme par Jean-Paul II et Ratzinger en 1983, le Code de droit canonique exige la renonciation au "munus petrino" - l'office, la charge de la papauté qui vient de Dieu et de Saint Pierre. (Auparavant, le pape n'avait qu'à dire "renuntio" - "je démissionne" - et la modification de 1983 de cette exigence a probablement été ajoutée afin de renforcer d'éventuelles futures abdications papales).

Dans sa Declaratio, Ratzinger écrit que sa force, en raison de son âge avancé, "n'est plus adaptée à l'exercice adéquat du munus petrino". Cependant, il ne dit pas du tout qu'il y renonce, mais plutôt, "bien conscient de la gravité de cet acte, je déclare renoncer au ministère [c'est-à-dire à l'exercice] d'évêque de Rome - [declaro me MINISTERIO Episcopi Romae...renuntiare]. Ainsi, au début de la Declaratio, il cite le munus de manière générique, mais ensuite il déclare formellement renoncer uniquement au ministerium, ce qui, selon de nombreux experts, est complètement inutile pour la validité de l'acte. Ce serait comme si un roi qui abdiquait disait qu'il renonce à l'exercice de son pouvoir sans renoncer au trône qu'il a obtenu par droit divin.

Entre autres choses, Ratzinger n'écrit même pas "renuntio" mais plutôt "declaro renuntiare", ce qui n'implique pas que sa démission soit sincère, tout comme le fait de "déclarer l'amour" ne correspond pas nécessairement à "aimer". En supposant que Benoît ait été soumis à des pressions - face au choix, par exemple, de démissionner ou de mettre le Vatican en faillite (à ce sujet, il faut se référer à l'affaire bien connue de l'annulation du code SWIFT du Vatican et au blocage des comptes bancaires du Vatican qui a eu lieu dans les semaines précédant la démission en 2013) - il aurait pu choisir librement de "déclarer sa démission" - ce qui est bien différent de dire "je démissionne librement".

Une autre question soulevée par Bugnolo : Pourquoi Ratzinger a-t-il écrit que le siège serait vacant après 18 jours ? L'acte de démission devrait rendre le siège vacant soit au moment du décès, soit à celui de la démission du pape.

L'argument concernant le mot "munus" n'est pas nouveau, et il a été amplement traité par Vittorio Messori, Antonio Socci, et d'autres vaticanistes faisant autorité. Mais maintenant, frère Alexis, pour la première fois, a divulgué que dans toutes les traductions de la Declaratio (sur le site web du Vatican), le mot munus est aussi traduit par "ministère", réunissant ainsi en un seul sens deux prérogatives que le droit canonique distingue clairement. Frère Bugnolo explique : "Qui a autorisé ces traductions ? Le mot munus devrait être parfaitement traduisible dans toutes les langues. C'est la preuve que le Vatican a tenté d'annuler la distinction fondamentale que le pape Benoît, dans son récent livre-interview "Ein Leben", n'a fait que réaffirmer, déclarant qu'il conserve toujours "l'office spirituel" (spirituelle Zuordnung) après avoir renoncé à l'exercice concret (konkrete Vollmacht). Il est toujours le pontife régnant et il continue à porter la soutane blanche, à donner la bénédiction apostolique et à signer de son nom P.P., Pontifex Pontificum, le titre qui appartient au pape régnant". (Il convient de rappeler que la seule explication donnée par Ratzinger pour avoir maintenu la soutane papale blanche était qu'"il n'y avait pas de soutanes noires dans sa garde-robe").

En 2016, Mgr Giuseppe Sciacca, évêque-secrétaire de la Signature Apostolique, a répondu aux arguments sur le munus dans un article extrêmement technique et totalement incompréhensible pour les non-experts. "Comme un habile juriste", dit le frère Bugnolo, "Sciacca dit, à juste titre, que le pouvoir ne peut pas être divisé entre deux papes, mais il prend la validité de la démission pour acquise et ensuite il évite la vraie question. Il dit ensuite que la renonciation au ministerium incluait automatiquement la renonciation au munus, mais en fait ce n'est pas vrai, car Benoît aurait facilement pu nommer un vicaire pour gérer le ministerium tout en conservant sa propre charge, le munus, ce qui est également essentiel pour les questions théologiques et dogmatiques, et pas seulement pour les questions canoniques, dans la mesure où il vient directement de Dieu".

Ensuite, il y a d'autres anomalies très étranges dans les traductions publiées par le Vatican : "Je déclare que je renonce au ministère d'Évêque de Rome, Successeur de Saint-Pierre, qui m'a été confié par les Cardinaux le 19 avril 2005, DE SORTE QU'à partir du 28 février 2013, à 20 heures, le Siège de Rome, le Siège de Saint-Pierre, soit vacant". Comme le précise Frère Bugnolo, "De sorte que" est écrit par Ratzinger en latin comme "ut", qu'il faut cependant traduire par "POUR QUE". En revanche, "DE SORTE QUE" serait correctement rendu en latin par "quomodo".

Ce sont deux choses très différentes : "de sorte que" présuppose l'automatisme juridique absolu d'une relation acte-conséquence. En revanche, "pour que" peut également révéler une intention cachée ou un effet désiré qui est généré intentionnellement. C'est la différence entre une "manière" externe et naturelle par rapport à une "fin" subjective.

Par exemple, il n'est pas correct de dire : "Je mets l'appât dans le piège de sorte que la souris puisse être capturée", car il n'est pas acquis que la souris tombera dans le piège. Il faut plutôt le dire : "J'ai mis l'appât dans le piège pour que la souris puisse être capturée."

Imaginons un instant que Benoît ait en fait été obligé d'abdiquer : il écrit donc qu'il "déclare démissionner" de son "ministère" "DE SORTE QUE" le siège soit vacant... donc peut-être aussi par l'action des usurpateurs. S'il avait effectivement écrit "POUR QUE", il aurait implicitement admis la validité de sa démission. Mais en fait, il ne l'a pas fait.

Voici une autre anomalie : pourquoi Benoît écrit-il que le nouveau conclave devra être convoqué "PAR CEUX DONT C'EST LA COMPÉTENCE" et non "par vous, cardinaux" ? Cela ressemble à une délégitimation, puisque ce sont évidemment les cardinaux auxquels il s'adresse qui devront former le conclave. C'est comme si le président du Sénat, parlant d'un futur président de la République, disait qu'il "devra être élu par ceux dont c'est la compétence" et non, comme c'est évident, "par vous, les membres du Parlement".

En outre, Ratzinger ne précise pas la DATE PRÉCISE du nouveau et véritable conclave pour l'élection du Souverain Pontife. Il dit seulement qu'il devra être convoqué APRÈS QUE LE SIÈGE SERA VACANT, ce qui est, en réalité, le moment qui suit sa mort. C'est pourquoi l'élection valide du nouveau Pontife serait, dans ce cas, de la compétence exclusive de QUELQUES CARDINAUX, ceux qui ont été désignés avant la venue de Bergoglio et qui sont disposés à reconnaître le "coup" qui s'est produit. En fait, les cardinaux nommés par Bergoglio ne seraient pas juridiquement valides, parce qu'ils sont choisis par un pape invalide, parce que la renonciation n'était pas valide. Dans le cas où de nombreuses années passeraient et où les cardinaux "légitimes" créés par Benoît ou Jean-Paul II ne seraient plus vivants ou actifs, le nouveau pontife devrait être choisi par l'Église romaine, comme dans l'Antiquité. Vu sous cet angle, c'est pourquoi un nouveau conclave devrait être convoqué "par ceux dont c'est la compétence" et non par les cardinaux auxquels il s'adresse. La logique est sans faille.

S'agit-il d'une fiction politique ? Ou est-ce une Declaratio qui, tout en semblant bâclée, se révèle être, si on la lit correctement, un document d'une cohérence "ratzingérienne" implacable ?

Frère Bugnolo en est certain : les erreurs dans le latin ont été intentionnellement voulues par Ratzinger pour attirer l'attention sur la non-validité du document et pour que, lorsqu'il serait lu attentivement, la vérité émerge en temps voulu. Le même avis est partagé par l'avocat viennois Arthur H. Lambauer, un expert reconnu en droit international, qui avait déjà relevé les anomalies en 2013 : "Je crois que Benoît a délibérément commis des erreurs pour rendre son successeur invalide, de telle sorte qu'il ne créerait rien d'irrévocable (mariage homosexuel, diaconat féminin, etc.) et que, si nécessaire, le successeur pourrait être balayé".

Il y a surtout un fait objectif et incontestable : pendant ces étranges 18 jours qui se sont écoulés entre la "démission" et le siège vacant (qui, en règle générale, devrait partir de la démission), personne n'a pu ou voulu corriger la Declaratio si "mal" rédigée par Benoît. Pourquoi ? Et pourtant, il est de la compétence spécifique des cardinaux de corriger le pape de manière bienveillante et filiale, s'il est dans l'erreur. "Cela démontre, soutient le frère Bugnolo, que les cardinaux étaient déloyaux et aveuglés dans leur hâte de prendre le pouvoir, alors que d'autres fonctionnaires du Secrétariat Apostolique, qui ne pouvaient certainement pas ne pas remarquer certaines erreurs, étaient "complices" de Benoît qui était bien conscient de la ruse, et ils se sont tus pour qu'un jour "la bombe explose". Dans les deux cas, une usurpation est révélée".

Examinons quelques objections : "Peut-être que Ratzinger ne connaît pas assez bien le latin ou qu'il était déjà trop vieux pour bien l'écrire". Il est difficile de croire que le théologien allemand, qui a été pendant quatorze ans à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui est l'auteur d'écrits remarquables en latin, ne saurait pas maîtriser ce texte. De plus, le pape est entouré d'excellents latinistes qui auraient pu l'assister. En février 2013, il a été suffisamment lucide pour pouvoir donner un discours spontané de 58 minutes. "En tout cas," répond le frère Alexis, "l'invalidité demeurerait, car la renonciation exige non seulement une lucidité mentale totale mais aussi une connaissance absolue du droit canonique".

Une autre objection possible est : "Peut-être que quelqu'un d'autre qui ne connaît pas bien le latin l'a écrit". Mais si le document provient d'un coercitif ou d'un contrefacteur, pourquoi le construiraient-ils de telle manière qu'il serait canoniquement invalide ?

Une dernière critique possible : "Benoît XVI ne tromperait jamais personne." En fait, le pape Benoît n'a trompé personne, il a seulement écrit une démission du ministère. Selon le frère Bugnolo, il y a d'autres personnes qui n'ont pas voulu regarder ce qui a été réellement écrit et comment Benoît s'est comporté depuis 2013. Ainsi, ils se sont trompés par avidité de pouvoir.

À la première lecture, tout cela vous laisse perplexe : cela semble absurde, mais terriblement cohérent. Dans ce cas, il est inutile de lancer l'accusation habituelle de tout rejeter comme une "théorie du complot" car il y a ici des faits qui méritent une explication EGALEMENT logique et cohérente.

Dans le monde laïque, un héritage peut être contesté légalement pour bien moins que cela, et pourtant la question de la validité de la renonciation d'un pape du trône de Pierre a été admise très rapidement, voire peut-être trop rapidement. Que se passe-t-il ensuite ? Les arguments du frère Bugnolo se fondent sur les preuves et fournissent également un motif qui les explique. Peut-être seront-ils simplement ignorés et tournés en dérision, ou bien leur auteur commencera-t-il probablement à subir une série d'attaques ad personam. Nous verrons ce qui se passera.

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Version latine originale de Benoît XVI

 

Fratres carissimi

 

Non solum propter tres canonizationes ad hoc Consistorium vos convocavi, sed etiam ut vobis decisionem magni momenti pro Ecclesiae vita communicem. Conscientia mea iterum atque iterum coram Deo explorata ad cognitionem certam perveni vires meas ingravescente aetate non iam aptas esse ad MUNUS Petrinum aeque administrandum.

 

Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando. Attamen in mundo nostri temporis rapidis mutationibus subiecto et quaestionibus magni ponderis pro vita fidei perturbato ad navem Sancti Petri gubernandam et ad annuntiandum Evangelium etiam vigor quidam corporis et animae necessarius est, qui ultimis mensibus in me modo tali minuitur, ut incapacitatem meam ad ministerium mihi commissum bene administrandum agnoscere debeam. Quapropter bene conscius ponderis huius actus plena libertate declaro me MINISTERIO Episcopi Romae, Successoris Sancti Petri, mihi per manus Cardinalium die 19 aprilis MMV commisso renuntiare ita ut a die 28 februarii MMXIII, hora 20, sedes Romae, sedes Sancti Petri vacet et Conclave ad eligendum novum Summum Pontificem ab his quibus competit convocandum esse.

 

Fratres carissimi, ex toto corde gratias ago vobis pro omni amore et labore, quo mecum pondus ministerii mei portastis et veniam peto pro omnibus defectibus meis. Nunc autem Sanctam Dei Ecclesiam curae Summi eius Pastoris, Domini nostri Iesu Christi confidimus sanctamque eius Matrem Mariam imploramus, ut patribus Cardinalibus in eligendo novo Summo Pontifice materna sua bonitate assistat. Quod ad me attinet etiam in futuro vita orationi dedicata Sanctae Ecclesiae Dei toto ex corde servire velim.

 

Traduction française du site du Vatican

 

Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le MINISTÈRE pétrinien.

Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle,  doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le MINISTÈRE qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du  28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière.

BENEDICTUS PP XVI

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LE TEXTE ORIGINAL ITALIEN DE L'ARTICLE

Da qualche giorno, circolano in rete le denunce di un francescano italoamericano, latinista, esperto in Scolastica e in argomentazioni canoniche sulla rinuncia papale, che, intervistato dallo youtuber Decimo Toro, sta diffondendo i contenuti esplosivi del suo sito www.fromrome.info.  Frà Alexis Bugnolo, questo il suo nome, ha tradotto oltre 9000 pagine latine da San Bonaventura e padroneggia la lingua della Chiesa come pochi.

 

Il frate, leggendo attentamente la Declaratio di rinuncia di Benedetto XVI, seguendo un filo rosso fra logica, diritto canonico e lingua latina, ritiene che sia stata da lui scritta, con estrema abilità e sottigliezza, appositamente perché nel tempo venisse scoperta invalida. In questo modo, Ratzinger ha permesso alla “Mafia di San Gallo”, la lobby massonico-progressista ecclesiastica che lo aveva costretto ad abdicare, di prendere frettolosamente il potere e di svelarsi. Benedetto ha fatto così in modo che tutti gli atti, le nomine e i cambiamenti nella dottrina operati dalla “falsa chiesa” possano essere spazzati via in un sol colpo proprio per l’invalidità della sua rinuncia al papato. Per questo il Vaticano– secondo frà Bugnolo – ha deliberatamente falsificato, nelle traduzioni in lingua straniera, la Declaratio latina di Benedetto, tentando di porre rimedio alle sue falle intenzionali, ma dimostrando, così, ulteriore dolo.  Quarant’anni fa, Giovanni Paolo II e l’allora card. Ratzinger sapevano già, dal terzo Segreto di Fatima, che le lobby gay-massoniche del clero avrebbero tentato di prendere il potere, per questo avevano cambiato per tempo il Codice di diritto canonico predisponendo un sistema di emergenza per far saltare il banco in caso di usurpazione.

Questa la tesi. Per prevenire le accuse di complottismo alla sua ricostruzione, frate Alexis  cita solo i documenti dal sito del Vaticano che copiamo-incolliamo di seguito. Tutti possono controllare con un clic su www.vatican.va.

E’ del tutto assodato che nel testo della Declaratio di Benedetto sono contenuti alcuni grossolani errori grammaticali, notati già nel 2013 da eminenti classicisti come Luciano Canfora e Wilfried Stroh. Se già stupisce la mancanza del plurale maiestatico usato nei documenti ufficiali, frà Bugnolo, già traduttore di oltre 9000 pagine di San  Bonaventura, ha però notato una quarantina di altre imperfezioni linguistiche: verbi declinati male, “decisionem” al posto del corretto “consilium”, “vobis” al posto di “vobiscum”, l’uso erroneo di “explorata” per dire “indagata”,  etc. Per l’elenco completo: https://fromrome.info/2020/06/10/clamorous-errors-in-the-latin-of-the-renunciation-2/

Ma il grosso problema è la costruzione del testo di Ratzinger che renderebbe invalida la rinuncia al papato. A partire dal 1983, infatti, il Diritto canonico esige la rinuncia al “MUNUS  petrino”, ovvero all’ufficio, alla carica  del Pontefice che deriva da Dio e da San Pietro. (Prima, al papa bastava solamente dire “rinuncio” e tale modifica fu aggiunta probabilmente per blindare  eventuali future abdicazioni papali).

Ratzinger scrive nella Declaratio che le sue forze, a causa dell’età, “non sono più adatte per esercitare in modo adeguato il MUNUS petrino”. Tuttavia, non scrive affatto di rinunciarvi, ma piuttosto: “ben consapevole della gravità di questo atto, DICHIARO DI RINUNCIARE AL “MINISTERO” (cioè all’esercizio) di Vescovo di Roma”. All’inizio, quindi, cita il Munus in modo generico, ma formalmente poi dichiara di rinunciare solo al Ministerium, a detta di molti, del tutto inutile per la validità dell’atto. Come se un re, abdicando, dicesse di rinunciare a esercitare il potere pratico senza rinunciare al trono ottenuto per diritto divino.

Tra l’altro, Ratzinger non scrive nemmeno “rinuncio”, bensì “dichiaro di rinunciare”, il che non implica che la sua rinuncia sia sincera, così come “dichiarare di amare”, non corrisponde per forza ad “amare”. Ipotizzando che Benedetto sia stato sottoposto a pressioni, posto di fronte a una scelta, ad esempio fra le dimissioni e la bancarotta vaticana (per questo si rimandi alla nota vicenda del codice swift e del blocco dei conti bancari vaticani) egli potrebbe aver LIBERAMENTE SCELTO DI “DICHIARARE DI RINUNCIARE”. Una cosa molto diversa dal dire “liberamente rinuncio”.

Altro interrogativo sollevato da Bugnolo: perché Ratzinger scrive che la sede sarà vacante dopo 18 giorni? Eppure la rinuncia dovrebbe rendere la sede vacante fin dalla morte o dall’atto di rinuncia del papa.

La polemica sul Munus non è nuova e se ne sono occupati ampiamente Vittorio Messori, Antonio Socci e autorevoli vaticanisti, ma Frà Alexis, per primo, ha divulgato che, in tutte le traduzioni della Declaratio (sul sito vaticano), anche il Munus viene tradotto con “ministero”, accorpando quindi in un unico significato due prerogative che il diritto canonico ha ben distinto. Spiega frà Bugnolo: “Chi li ha autorizzati? Munus sarebbe perfettamente traducibile in tutte le lingue. Questa è la prova che il Vaticano ha tentato di annullare la fondamentale distinzione che papa Benedetto, nella sua recente intervista “Ein Leben”, ha pure nuovamente ribadito dichiarando come tuttora egli mantenga per sé l’”incarico spirituale”(spirituelle Zuordnung) avendo rinunciato all’esercizio concreto (konkrete Vollmacht). E’ ancora il papa regnante e infatti continua a indossare la veste bianca, a impartire la benedizione apostolica e a firmarsi P.P., Pontifex Pontificum, titolo che spetta al papa regnante”. (Va ricordato che l’unica spiegazione fornita da Ratzinger per aver mantenuto la veste bianca fu che non “aveva vesti nere nel suo armadio”).

Alla querelle sul Munus aveva risposto nel 2016, in un articolo estremamente tecnico, del tutto incomprensibile per i non addetti ai lavori, Mons. Giuseppe Sciacca, vescovo e segretario della Segnatura apostolica. “Come un furbo avvocato – dice frà Bugnolo –  Sciacca dice, giustamente, che il potere non può essere diviso fra due papi, ma dà per scontata la validità della rinuncia ed elude la vera questione. Dice poi che rinunciare al Ministerium comporta rinunciare automaticamente anche al Munus, ma questo non è affatto vero perché Benedetto avrebbe potuto benissimo nominare un Vicario per gestire il Ministerium e mantenere la propria carica, il Munus, che è essenziale anche per questioni teologiche e dogmatiche, non solo canonistiche, in quanto proviene da Dio”.

Vi sono poi altre stranissime anomalie nella traduzione italiana pubblicata dal Vaticano: “dichiaro di rinunciare al ministero di Vescovo di Roma, Successore di San Pietro, a me affidato per mano dei Cardinali il 19 aprile 2005, IN MODO CHE, dal 28 febbraio 2013, alle ore 20,00, la sede di Roma, la sede di San Pietro, sarà vacante”.

Come specifica frà Bugnolo: “In modo che”, in latino è scritto da Ratzinger con UT che però deve essere tradotto con AFFINCHE’. Diversamente, “in modo che” si deve tradurre, invece, con “QUOMODO”.

Sono due cose molto differenti: “in modo che” presuppone l’assoluto, legale automatismo di un rapporto atto-conseguenza. “Affinché” invece può rivelare anche un intento nascosto o un effetto voluto, ingenerato appositamente. La differenza che passa tra un “modo” esterno e naturale rispetto a un “fine” soggettivo.

Ad esempio, non è corretto dire: “Metto l’esca nella trappola in modo che il topo sia catturato” perché non è detto che il topo caschi nell’inganno. Si deve piuttosto dire: “Metto l’esca nella trappola affinché il topo sia catturato”.

Immaginiamo per un attimo che, realmente, Benedetto sia stato costretto all’abdicazione: lui scrive quindi che “dichiara di rinunciare” al suo “ministero” “AFFINCHE’” la sede sia vacante… quindi forse anche per l’azione degli usurpatori. Se avesse scritto realmente “in modo che” avrebbe implicitamente ammesso la validità della sua rinuncia. Così, no.

Altra anomalia: perché Benedetto scrive che il nuovo conclave dovrà essere convocato “DA COLORO A CUI COMPETE” e non “da Voi cardinali”? Suona come una delegittimazione, dato che sarebbero ovviamente i cardinali a cui si rivolge a dover formare il conclave. Come se il presidente del Senato, parlando di un futuro presidente della Repubblica dicesse che questi “dovrà essere votato da coloro a cui compete” e non, come ovvio, “da voi parlamentari”.

Ratzinger, inoltre, non specifica la DATA PRECISA del nuovo, vero conclave per l’elezione del Pontefice. Dice solo che questo dovrà essere convocato DOPO CHE LA SEDE SARA’ VACANTE, cioè realmente, il momento successivo alla sua morte. Ecco perché l’elezione valida del nuovo Pontefice COMPETEREBBE, in quel caso, solo ad ALCUNI CARDINALI, quelli nominati prima dell’avvento di Bergoglio e disposti a riconoscere l’avvenuto “golpe”. Infatti le nomine cardinalizie di Bergoglio non sarebbero legalmente valide, perché emanate da un papa invalido, poiché invalida è stata la rinuncia. Nel caso passassero ancora molti anni e non rimanessero vivi e attivi cardinali “legittimi”, nominati da Benedetto o da Giovanni Paolo II, il nuovo Pontefice dovrebbe essere scelto dalla Chiesa romana, come nei tempi più antichi. Ecco perché, in questa ottica, un nuovo conclave dovrebbe essere convocato “da coloro a cui compete” e non ai cardinali cui lui si rivolge. Non fa una piega.

Fantapolitica o una Declaratio apparentemente pasticciata che, però letta nel modo giusto, si rivela di adamantina, “ratzingeriana” coerenza?

Frà Bugnolo è sicuro: gli errori di latino sono stati voluti apposta da Ratzinger per attirare l’attenzione sull’invalidità del documento e per far emergere, a una attenta lettura, la verità quando i tempi sarebbero stati maturi. Dello stesso avviso è l’avvocato viennese Arthur H. Lambauer, noto esperto di diritto internazionale, che già nel 2013, aveva notato le anomalie: “Ritengo che Benedetto abbia commesso errori di proposito per rendere invalido il successore in modo che non creasse nulla di irrevocabile (matrimoni gay, diaconato femminile etc.) e nel caso, spazzarlo via”.

Su tutto, un dato oggettivo e incontestabile: in quegli strani 18 giorni che passano dalla “rinuncia” alla sede vacante (che pure, a regola, dovrebbe scattare dalla rinuncia) nessuno ha potuto o voluto correggere la Declaratio scritta da Benedetto così “malamente”. Perché? Eppure è compito specifico dei cardinali correggere il papa, in modo premuroso e filiale, ove sbagliasse.  “Questo dimostra – sostiene frà Bugnolo – che i cardinali erano sleali e accecati dalla fretta di prendere il potere e che forse alcuni di loro, come anche alcuni funzionari della Segreteria Apostolica cui non potevano sfuggire certi errori, erano “complici” di Benedetto e, ben consapevoli del trucco, hanno taciuto affinché un giorno “scoppiasse la bomba”. In entrambi i casi si rivela un’usurpazione”.

E veniamo alle possibili obiezioni: “Ratzinger non conosce approfonditamente il latino o era già troppo anziano per scriverlo bene”. Difficile che il teologo tedesco, per 14 anni a capo della Congregazione per la Dottrina della fede, già autore di eccellenti scritti in latino, non sapesse padroneggiarlo. Peraltro, il papa è circondato da eccellenti latinisti che avrebbero potuto supportarlo. Nel febbraio 2013 era, poi,  lucido tanto da poter tenere un discorso a braccio di 58 minuti. “In ogni caso, l’invalidità resterebbe – risponde frate Alexis – perché la rinuncia impone non solo piena lucidità mentale, ma anche assoluta consapevolezza del diritto canonico”.

Altra prevedibile contestazione: “Glielo ha scritto qualcun altro che non sa bene il latino”. Ma se il documento provenisse da un coercitore o da un falsario, perché costruirlo in modo da essere canonicamente invalido?

Ultima critica eventuale: “Benedetto XVI non ingannerebbe mai nessuno”. Infatti, papa Benedetto non ha ingannato nessuno, ha solo scritto una rinuncia al ministerium. Secondo frà Bugnolo, sono altri che non hanno voluto vedere cosa c’era scritto realmente e come lui si è comportato fino ad oggi. Così, si sono ingannati da soli per la loro avidità di potere.

A una prima lettura, tutto ciò lascia frastornati: sembra assurdo, ma terribilmente coerente. A nulla vale, in questo caso, sbandierare la solita categoria difensiva del “complottismo” perché qui ci sono dati di fatto che meritano una spiegazione ALTRETTANTO logica e alternativa.

Nel mondo laico, a livello giuridico si possono impugnare dei lasciti per molto meno, eppure la questione sulla validità della rinuncia di un papa al soglio di Pietro è stata liquidata molto, forse troppo in fretta. Prossimi scenari? Le argomentazioni di frà Bugnolo, che hanno pure un loro perché e si appoggiano su evidenze, forse saranno semplicemente ignorate, derise o il loro autore probabilmente comincerà a subire una serie di attacchi ad personam. Staremo a vedere.

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