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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lenteur et grandeur du Règne de Dieu - Homélie 11° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Année B 2015
Lenteur et grandeur du Règne de Dieu - Homélie 11° dimanche du Temps Ordinaire B

Le règne de Dieu est le thème préféré, prioritaire de Jésus, à tel point qu’il l’a placé au coeur de la prière qu’il a enseigné à ses disciples : « Que ton règne vienne ». Mais étant donné qu’à cause de notre nature pécheresse nous risquons de mal comprendre le règne de Dieu, Jésus a recours aux paraboles. Les paraboles de la croissance de l’évangile de ce dimanche nous révèlent deux caractéristiques essentielles de la vie du Royaume de Dieu, deux choses que nous devons toujours avoir présentes à l’esprit pour que nous puissions approfondir notre amitié avec le Roi.

 

D’abord, l’appartenance et la croissance de la vie du Règne de Dieu ne vient pas de nous, mais de Dieu. La fécondité de la semence, d’où vient-elle? Pas du semeur, mais du Créateur. De même, si Dieu n’insufflait pas constamment la vie de sa grâce en nous, tous les efforts que nous puissions fournir ne nous permettraient pas d’approfondir notre relation avec lui, pas plus que le semeur pourrait transformer un caillou en un épi de blé. Notre vie d’union à Dieu dépend foncièrement de Dieu, et non pas de nos efforts. La bonne nouvelle, c’est que Dieu est toujours à l’oeuvre, même quand nous dormons:

 

« En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, + tu manges un pain de douleur : Dieu comble son bien-aimé quand il dort. » (Ps 127,2)

 

Deuxièmement, notre croissance dans la sainteté est un processus graduel qui prend du temps. Nous, chrétiens, ne sommes pas comme les héros des films d’Hollywood, qui deviennent des champions du monde en moins de 90 minutes. Notre maturation chrétienne nécessite une coopération de longue haleine avec le Seigneur. Pour nous, c’est dur à admettre, surtout aujourd’hui, où la culture nous a habitués à une exigence de résultats immédiats. On ne devient pas un saint comme on fait une tasse de café instantané! La maturation de la vie chrétienne est plutôt comparable à la construction d’une cathédrale, comme celles du Moyen-Âge, où comme celle, toujours inachevée de Barcelone, pour prendre un exemple moderne, qui nécessitent des décennies, voire plus d’un siècle pour leur construction. Il est arrivé que trois ou même quatre générations de maçons ont travaillé à la construction de la même cathédrale! Pensez donc… Ça voudrait dire que votre grand-père, votre père, vous-même et votre fils auraient tous les quatre travaillé pendant toute votre vie à la même construction, mais que seul votre fils en aurait vu l’achèvement.

 

La vie chrétienne n’est donc pas une affaire qu’on règle en peu de temps, moyennant quelques heures supplémentaires durant le weekend! Non, c’est l’aventure de tout une vie. La croissance du Royaume de Dieu dans nos coeurs dépend donc principalement de Dieu, et secondairement de nous, dans un processus qui prend beaucoup de temps. Voilà la sagesse que le Christ veut nous communiquer à travers ces paraboles. Si nous prenons du temps pour réfléchir et pour prier là-dessus, nous pourrons découvrir peu à peu quelles en sont les conséquences et les implications.

 

Une de ces implications particulièrement actuelles pour notre culture contemporaine, c’est de nous montrer les vraies raisons de nos frustrations et de nos découragements. Le découragement ne vient jamais de Dieu. Dieu n’est pas au ciel en train de taper sa montrer et de froncer les sourcils parce que nous ne sommes pas encore devenus des saints. C’est lui qui a créé notre nature humaine. C’est lui qui a pris chair de la Vierge Marie. Il sait donc parfaitement bien que la sainteté prend du temps. Il est ce semeur plein de sagesse qui prend soin patiemment de son champs, sachant que la récolte viendra le moment venu. 

 

Alors, si le découragement ne vient pas de Dieu, d’où vient-il? De notre orgueil démoniaque et de notre immaturité spirituelle. Si nos prières ne produisent pas un feu d’artifice instantané, si nos mauvaises habitudes ne disparaissent pas en un clin d’oeil, si nous ne comprenons pas parfaitement tout ce qui concerne la foi chrétienne après avoir fait une retraite, nous risquons de flancher dans nos efforts, et même de tout laisser tomber, comme des enfants gâtés. Cela peut paraître absurde, mais en fait, ça arrive souvent: chaque fois que nous perdons patience (avec les autres, et surtout avec nous-mêmes), c’est comme si nous disions à la semence: « Poussez plus vite, vauriens, plus vite! »

 

Il y a pourtant une différence entre ce qui se passe dans l’ordre de la nature et dans l’ordre de la grâce. Dans la nature, la vie vient et elle s’en va, elle grandit et fleurit, puis se fane et meurt. Il n’en va pas ainsi dans l’ordre de la grâce. C’est ce que nous montre le psaume:

 

Le juste grandira comme un palmier, 

il poussera comme un cèdre du Liban ; 

planté dans les parvis du Seigneur, 

il grandira dans la maison de notre Dieu. 

 

Vieillissant, il fructifie encore, 

il garde sa sève et sa verdeur 

pour annoncer : « Le Seigneur est droit ! 

Pas de ruse en Dieu, mon rocher !

 

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